Alors que se profilent les dernières notes sur les scènes printanières du PdB, le soleil est toujours là. Seul nuage dans un ciel berrichon décidément bien clément, la chanteuse de « Jo le taxi » a dû laisser la place à la colère féministe d’Imany. Après la soirée rap de ce samedi, dimanche, Gims et Ebony quant à eux affichent complet. Tout beau, on vous dit.

Imany a assuré le show sur la scène du W. Photo FS
Par Fabrice Simoes.
Le Printemps de Bourges-Crédit Mutuel 2026 est décidément féministe jusqu’au bout des ongles. Après l’entrée en matière de la Patti Smith toujours percutante malgré ses presque 80 balais, Vanessa Paradis était attendue, prévue mercredi soir, sur la scène du W. Las, des ennuis de santé ont obligé les équipes de Boris Vedel à réorganiser les différents plateaux. De l’auditorium à la grande scène du festival, il n’y a qu’un pas. Par contre, côté public, c’est pas la même musique. De la salle plus intimiste, Imany et son « Women deserve rage » ont été propulsés dans la plus grande des structures. Franchement, les déçus seront ceux qui ne sont pas venus… La colère, la force, et la soul de la chanteuse-auteure-compositrice méritaient bien plusieurs milliers de spectateurs à ses pieds.
On est bien d’accord que Feu! Chatterton, à la suite, c’est pas des filles… Par contre pour tenir un public jusqu’au bout de la nuit, ils n’ont pas besoin de se faire appeler Arthur. Que nenni ! De fait, on en a raté une partie de la programmation des 22. Que ce soit à l’Est ou à l’Ouest, pas vraiment le temps. Problème de délai de route, assurément.

Superbus
À peine le temps de reprendre son souffle, c’est Suzanne qui a ouvert le jeudi du W avant que le Superbus de Jennifer Ayache n’enflamme encore plus le PdB. Et comme les femmes étaient dans la place, Héléna et Charlotte Cardin, la canadienne caliente (non ce n’est pas une remarque sexiste) se sont succédées pour faire monter la température, les gars d’Ofenbach pouvaient conclure sans coup férir une assemblée déjà conquise.
Le retour gagnant du folk
En parlant d’assemblée, c’est sur le nouveau rendez-vous du Bal des rives qu’elle a retrouvé son rôle d’antan. On avait eu les Terre-neuviens de Port-aux-Poutines en ouverture et, jeudi, on avait SuperItronica. Disons que ce folk là, revu et corrigé qui revisite la bourrée et le bal populaire à coups d’électronique et d’expérimentations (super) soniques, à base de banjo, cabrettes et tout le toutim, n’a plus grand-chose à voir avec Malicorne. Par contre, ça envoie le pâté. Difficile de ne pas faire jouer les gambettes. Délicat de ne pas suivre les pas de Scottish sur ce parquet installé tout exprès. Associé à une animation-découverte de la danse folk, ce retour doit être considéré comme une création, mais une création qui peut perdurer dans une programmation où le spectre musical est de plus en plus élargi.
Les métalleux avaient les crocs

Man Woman Chainsaw
Puisqu’on fait dans le retour aux sources, ceux qui voulaient renouer avec du rock bien en forme ont eu droit à une belle série de Man/Woman/Chainsaw à Prostitute en passant par Body Horror dans le marathon des scènes du 22. Court déplacement à l’Antre Peaux, histoire de voir que le PdB ce n’est pas que Séraucourt et les bords de l’Auron. Il est loin le temps d’Iron Maiden (1995) au Printemps de Bourges. Alors même qu’il ne suffit pas de traverser le pont pour accéder à la structure, la palanquée d’années durant lesquelles les métalleux avaient un peu les crocs a été effacée en une seule soirée. Au Nadir, il aura suffi de riffs bien saignants pour que Bourges retrouve son âme métalcore d’antan. Une vérité cependant, pas certain qu’une colocation avec Suzanne et Héléna soit vraiment nécessaire…
Ce samedi, éclectisme et air du temps obligent, le rap aura été tous azimuts avant que, sous un chapiteau affiché complet, Gims, de retour après une première apparition en tant que Maître voilà dix ans, ne ponctue ce cinquantième printemps où, pour une fois, il n’aura pas plu. À moins qu’au dernier moment…

Slift
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