La passerelle ferroviaire de Châteauroux est en place. Des milliers de Castelroussins patientaient ce jeudi soir de l’Ascension, mais au petit matin du vendredi le show Renaudat se déroula sans public.

Ça y est Châteauroux a retrouvé sa passerelle ferroviaire. (Photo PB)
Un succès populaire. A vingt et une heure en ce jeudi de l’Ascension, des milliers de personnes ceinturaient sur plusieurs rangs l’espace ferroviaire environnant la gare de Châteauroux. On avait déjà reporté le rendez-vous de deux heures, les conditions climatiques, nuages d’orage et bourrasques de vent rendaient l’opération dangereuse.
Une si longue attente.
Ces Castelroussins curieux voulaient voir, photographier, filmer l’envol d’une passerelle de 60 mètres de long, posée en une seule fois sur deux culées de béton de chaque côté des voies. Pour une fois, l’absence de circulation des trains, pendant ce long week-end d’Ascension n‘était pas au centre d’échanges désappointés, voire vindicatifs.

Le point presse de Baptiste Lassimoulac ( à gauche) et de son collègue de la société Renaudat en compagnie des élus. (Photo PB)
Baptiste Lassimoulac, directeur général délégué de l’entreprise Renaudat, savait qu’il avait soixante-douze heures, trois journées pendant lesquelles le courant était coupé dans les caténaires, pour, selon son expression,« expédier le colis » à l’aide d’une grue géante et de trois grues auxiliaires. Néanmoins, plus vite de premier acte serait bouclé, plus ses équipes pourraient effectuer les premiers travaux complémentaires.
« Normalement, la météo est favorable jusqu’à quatre heures du matin », annonçait-il paisiblement au milieu du ballet des grues, aux journalistes et à l’aréopage d’élus municipaux, départementaux et régionaux. « Nous allons faire des essais de levage pour vérifier que tout est bien équilibré, avant de procéder à la mise en place de la passerelle ».
La nuit tombait sur la gare de Châteauroux, en même temps que les degrés au thermomètre et les premières défections coïncidèrent avec l’arrivée d’un crachin désagréable.
Faux départ
Pourtant le ballet des hommes casqués et équipés de vêtements de chantier imperméables orange, donnait confiance aux spectateurs. Les grues allaient et venaient assurant le raccordement des élingues aux deux extrémités du « colis » géant. Un peu après vingt-trois heures le directeur général et son équipes faisaient évacuer la zone dans laquelle devait évoluer la grue principale.

L’opération d’élingage avec l’aide des grues auxiliaires (Photo PB)
Ça sentait bon les trois coups.
Malgré les multiples obstacles à la visibilité, les regards étaient fixés sur la base de la passerelle, les oreilles pointées vers le bruit du démarrage de la grue géante… et puis rien. Le retour d’une grappe de petits hommes orange autour et sur la passerelle ruina la patience d’une grande partie du public et le compte à rebours stoppa un peu après vingt trois heures trente.
Ceux qui passèrent vers deux heures du matin près de la gare ne pouvaient pas imaginer l’attention que les voies ferrées, vides, avaient retenue quelques heures auparavant. Et pourtant, vers quatre heures du matin, les ingénieurs décidèrent que les conditions étaient réunies pour procéder à l’opération. Et la passerelle vola, sans public, vers ses deux culées de béton. « Ça parait pas bien solide » appréciaient , vendredi matin , deux anciens aux abords de la gare. On pourra tester le résultat à la fin de l’année. En attendant, pour Renaudat, la vie continue, d’autres passerelles géantes attendent d’être livrées à Redon, et Agde, mais les Castelroussins garderont une frustration de cette Ascension 2026.

Mission accomplie, la grue géante s’est délestée de ses contrepoids. (Photo PB)
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