(Publireportage suite) Entre bocages, vallées et villages pittoresques, le Boischaut Sud de l’Indre en Centre-Val de Loire promet un voyage authentique et vibrant dans l’univers de l’une des femmes les plus modernes et engagées de son temps. Une escapade mémorielle à l’heure de la célébration des 150 ans de sa disparition et dont la panthéonisation, en cours de demande, s’impose comme une évidence.
…/…
Sarzay, un château dans un roman
Continuons notre escapade. A 7 km au sud du moulin de Montipouret, toujours par cette campagne bucolique où il fait bon voir bergers et moutons traverser les routes, vous reliez le Château de Sarzay. Château seigneurial, élancé avec une galerie de mâchicoulis, il fut l’un des témoins de la guerre de Cent Ans. Situé dans la zone frontière entre les possessions d’Aquitaine au sud et le Royaume de France au Nord, ce fort stratégique du XIVe siècle, encore dans son jus, a repris vie sous la passion de Richard Hurbain qui le restaure depuis plus de 40 ans et qui devint sous la plume de Sand le Château de Blanchemont dans la moitié de son roman « Le Meunier d’Angibault ». Une visite vous hissera au sommet de ses tours pour un panorama étendu sur un Berry au charme discret.

Au cœur de cette Vallée Noire, George Sand campa une partie de son roman “Le Meunier d’Angibault” au Château de Sarzay que les propriétaires font visiter. Photo EB.
Argenton, un balcon sur la Creuse
De Sarzay à Gargilesse-Dampierre, la route est directe par l’ouest et la D48. Mais l’option D927 via Argenton-sur-Creuse est à privilégier. Un détour qui vous mènera notamment dans son centre ancien irrigué d’ « aribouts », ces ruelles descendant sur les rives de la Creuse, au pied des moulins à farine, à tan ou à foulon ou au pied des belles maisons colorées à galerie en bois suspendues au-dessus de la rivière. C’est sur le pont de la rue d’Orjon que vous en aurez les plus belles vues ! Ces dernières apparaissent dès le Moyen-Âge. Leurs balcons fermés étaient construits pour éviter au propriétaire, qui voulait agrandir son habitation, une taxe sur la surface au sol.
Lieu unique en son genre, le Musée de la Chemiserie et de l’Élégance masculine est une porte à pousser. Il fait écho à l’importante activité textile de la région de la fin du XVIIIe jusque dans les années 1970-1980. Dans un ancien atelier de 1860 (le premier de confection de chemises de l’Indre), il retrace l’histoire et la fabrication à façon de la chemise du Moyen-Âge au début du XXe s. avec une silhouette et un profil associés : col à rabat du XVIIe, jabot du XVIIIe, romantique et lavallière du XIXe, à plastron… Parmi les collections, des pièces uniques sont exposées comme ce nécessaire de toilette en loupe d’orme ayant appartenu à Stendhal, cette armoire de célibataire des années 1930, ou encore cette parure de bijoux offerte à George Sand par Alfred de Musset. L’occasion aussi, grâce à une exposition inédite, de découvrir jusqu’à la fin de l’année la mode au temps de George Sand, à la ville comme en Berry. « George Sand était bavarde dans ses livres », souligne Nathalie Gaillard, directrice du Musée. « Elle décrivait la mode à travers beaucoup de portraits et avait une estime pour l‘intelligence de la main : elle-même brode, coud, confectionne… » Figure emblématique d’une femme qui fume et s’habille en homme, George Sand n’est pas une femme coquette mais reste féministe : « Elle porte le pantalon par commodité et ponctuellement dans le Berry pour aller faire les fermages, mais aussi pour traverser les rues boueuses de Paris ou aller au théâtre. C’est aussi un gage d’émancipation pour elle. »

Cette escapade mène aussi à Argenton-sur-Creuse où les maisons à galerie colorées sur la Creuse font la carte postale de cette petite ville que George Sand ne visita pas. Photo EB.
Gargilesse-Dampierre, un village-refuge d’artistes
Enfin le Berry sandien ne serait pas ce qu’il est sans la Vallée de la Creuse et Gargilesse-Dampierre. En suivant la rivière par la D40 et ses panoramas profonds, la Boucle du Pin, plus beau méandre de la Creuse et de la Vallée des Peintres, conduit ce « Plus Beau Village de France » de 270 habitants où l’on vit presque comme en famille. « Vivre dans le Berry pour George Sand, ce n’est pas un repli mais un choix. Et Gargilesse a tenu une place particulière dans son cœur », explique Hélène de l’Office de Tourisme. « Elle a beaucoup écrit sur le village, incité les impressionnistes à poser leur chevalet ici. C’était une influenceuse avant l’heure. » Et l’on comprend vite pourquoi ! Village pittoresque, Gargilesse-Dampierre se découvre au gré de ses ruelles qui montent, descendent, sinuent et frôlent les maisons en pierre fleuries et soignées à souhait. Dès les beaux jours, artistes et artisans d’art ré-investissent ateliers, échoppes et galeries. Mais d’autres aussi ! Certains agents d’artistes, acteurs, auteurs en ont fait leur refuge ! Comme George Sand en son temps qui y ancrera ses habitudes dès 1857. À l’Hôtel des Artistes, elle aime déguster son omelette aux écrevisses, elle a ses coins de campagne où partir en balade étudier les insectes et sa petite maison.
Dans le renfoncement d’une petite place, la Villa Algira est un rêve qui deviendra réalité. « C’est Alexandre Manceau, graveur parisien et son dernier amour, qui lui offre cette petite villa, du nom d’un papillon du Maghreb », explique Ronan, guide intarissable sur la romancière. Un refuge romantique où elle écrira beaucoup : « Promenade autour d’un village », « La famille de Germandre », « L’Homme des Neiges », « Elle et Lui » (625 feuillets en 25 jours !)… De pièce en pièce, mobiliers, objets personnels, collections d’insectes naturalisés, dessins de son fils Maurice… dévoilent les souvenirs intimes et familiaux de George Sand jusqu’à son dernier voyage, seule, ici en 1864.

L’église Notre Dame de Gargilesse abrite une crypte semi enterrée tapissée de fresques remarquables du XII et XIIIe siècle. Photo EB.
Flâner dans Gargilesse c’est aussi se plonger dans l’histoire. Dans celle notamment du château. Du VIIIe s., il ne conserve que ses tours, sa poterne et le nom de son seigneur, Hugues de Naillac. De retour des croisades, ce dernier fit édifier une chapelle romane pour y abriter la statue d’une Vierge rapportée de Constantinople. « On y trouve aussi un Christ dit byzantin très ancien, pas en souffrance, reconnaissable aux pieds parallèles et à l’absence de couronne d’épine », explique Hélène. Dans la crypte semi enterrée, des fresques du XIIe s et XIIIe s. Se dévoilent entourées de peintures du XVe -XVIe siècles. Détruit en 1650 pendant la Fronde, le château fut reconstruit 100 ans après et agrandit. Aujourd’hui, ce manoir du XVIIIe , propriété de l’ancien ministre Thierry Breton, accueille des expositions, dont celle, cette année, dédiée à George Sand jusqu’au 20 septembre. Y seront exposés ses dessins de dendrites : une tache d’aquarelle écrasée à partir de laquelle elle invente un paysage. Avant l’écriture, George Sand pensait pouvoir gagner sa vie avec le dessin. Il en sera autrement. Dans ses romans, elle décrira le paysage comme un peintre en peignant avec les mots.

George Sand adorait venir dans sa Villa Algira (Gargilles-Dampierre). Elle y écrivait mais profitait aussi de la nature pour se balader et observer insectes et papillons. Photo EB.
Retrouvez toutes les informations et adresses des sites, villes et villages, et itinéraires cyclables sur www.valdeloire-france.com
L’année George Sand, les événements à ne pas manquer !
Nohant Festival 2026
Une édition historique à l’occasion des 60 ans du Festival et des 150 ans de la disparition de George Sand. Autour d’un thème symbolique « Sand et Chopin à Nohant », 35 concerts, spectacles et événements se dérouleront du 6 juin au 22 juillet. Puis, du 15 au 23 août, se tiendra en public dans le Bergerie-auditorium, pour la 1ère fois le premier Concours International Chopin Pleyel autour de 24 jeunes pianistes venus du monde entier.
Moulin d’Angibault
A l’occasion des 150 ans de la mort de George Sand, le moulin expose des illustrations du roman de George Sand « Le Meunier d’Angibault », signées Céline Alapetite, accompagnées d’extrait du roman. De quoi s’immergez dans le contexte historique, social, idéologique, littéraire et personnel de l’œuvre.
Une tapisserie itinérante
À voir absolument ! Cette tapisserie unique sur la nature a été commandée par l’État via un appel à projet en 2021, et confiée à l’artiste Françoise Pétrovitch. De 23 m de long sur 2,15 m de haut, cette tapisserie itinérante sera visible à Aubusson puis à Châteauroux en octobre et à Bourges en novembre 2026.
BourgesSand2026
Il y en aura pour tous, partout, et pour tous les goûts ! Concerts, expositions, rencontres, créations contemporaines, lectures… témoigneront tout au long de l’année de la vitalité de l’œuvre George Sand et de l’actualité de ses combats. Une riche programmation initiée par la Ville et la Région Centre-Val de Loire qui préfigure Bourges Capitale européenne de la Culture 2028.
« Je suis dans des Mondes étranges » une exposition de l’artiste photographe Flore jusqu’au 1er novembre à la Maison de George Sand.