Une heure. C’est le temps que se sont donnés ce mercredi 14 octobre des enseignants, élèves majeurs, régisseur et personnels administratifs du Conservatoire pour à nouveau manifester leur colère et leur inquiétude face aux réponses « pas rassurantes » de la Mairie, malgré un rendez-vous début septembre et une lettre adressée à l’édile le 9 octobre. « Le budget prévu a été amputé des deux-tiers : de 27 millions d’euros, il est passé à 10-12 millions d’euros voire 16-17 millions d’euros d’après la Directrice Générale des Services, Sophie Ferkatadji. On nous demande de prioriser les demandes pour que ça rentre dans l’enveloppe mais il n’y a aucun écrit, aucun calendrier… On n’a pas confiance », souligne Emilie Legroux, professeur de chant choral et de formation musicale au Conservatoire d’Orléans.
À leur côté depuis le début, l’Association des Parents d’élèves du Conservatoire se montre solidaire du mouvement : « nous avons beaucoup de parents d’élèves et d’élèves qui sont très investis dans la maison où il y a beaucoup de dégradations et d’équipements vétustes qui n’ont jamais été réparés ou changés depuis 50 ans ! », précise Simone Pinon, de l’APEC.
En guise de partitions, des photos de murs et de plafonds délabrés, de salles salpêtrées, de fenêtres qui n’isolent plus… étaient exposées à la vue du public. Photo EB
Ainsi, mercredi 14 octobre, devant l’Hôtel des Créneaux, place de la République, pupitres, photos et banderole étaient en bonne place face à des agents du Conservatoire indignés et qui ne lâchent rien ! Tout comme les 12 élèves théâtreux majeurs de l’établissement. Ces derniers, accompagnés d’un professeur de saxophone, se sont lancés magistralement dans l’interprétation d’un extrait de Les Désordres Imaginaires (sous-titré ou La destruction du pays par le jeune président à la mode), une pièce de théâtre écrite en 2020 par Mariotte Navarro… Une dystopie où citoyens et artistes sont surveillés… « Quand on fait grève, on la fait toujours en associant des actions de grève pédagogiques », souligne Sophie Leïla Vadrot, coordinatrice du département Théâtre du Conservatoire. « Ce prologue va bien avec nos revendications et une jeunesse en souffrance dans un avenir sombre. On aimerait leur offrir un conservatoire avec des locaux appropriés : une salle de 100m2, des vestiaires, une salle de spectacle où se produire… À la place, on est reclus dans une petite salle de danse qui ne correspond pas au Schéma national d’orientation pédagogique. On est les parents pauvres. Aussi, on est de moins en moins attractifs et les professeurs sont de plus en plus démoralisés. »
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