Médiathèque Pierre du Lys: dernier chapitre

Vendue ! Deux ans après sa mise en vente, la maison de Pierre du Lys, le frère de Jeanne d’Arc, a été vendue à un promoteur immobilier qui, après destruction des aménagements intérieurs, réalisera sur les 500 m² disponibles, quatre logements à usage d’habitation et 140 m² de bureau, en prévoyant deux places sur place (deux autres sont prévues dans un périmètre de 300 mètres).

Une double forfaiture…

Ainsi la ville d’Orléans faillit-elle à sa promesse affichée sur la façade (et encore indiquée sur la carte interactive à l’entrée de la mairie !)  de transformer ce bâtiment historique en médiathèque de quartier en compensation de l’ancienne bibliothèque de la rue Dupanloup déplacée place Gambetta, il y a vingt ans. Les habitants du quartier Bourgogne, personnes âgées mais aussi étudiants, devront se passer d’un lieu de lecture publique et d’animation culturelle dont bénéficient pourtant les autres quartiers de la ville, et ce, suite à des coupes sombres, pour raison de crise des finances publiques, dans le budget municipal de la culture décidées il y a trois ans et que vient d’effacer le nouveau maire, Olivier Carré, dans le budget 2017 de la ville, en y ajoutant la gratuité d’accès aux médiathèques: cherchez l’erreur !

Cette décision prive aussi la ville dite johannique (au moment où Rouen investit massivement dans un ultra moderne Historial Jeanne d’Arc), d’un lieu d’histoire et de patrimoine, que les Orléanais comme les touristes pouvaient apprécier comme appartenant à la saga de Jeanne à Orléans. Certes la restauration extérieure de cette maison historique pouvait prêter à discussion, en dépit du curieux accord de l’Architecte des Batiments de France, d’ordinaire si tatillon, mais la cour intérieure qui servira bientôt de parking, gardait un charme que la rénovation avait  préservé. (voir la photo de l’état de délabrement chez notre confrère la République du Centre).

… pour quelques €uros de moins !

Et tout ça pour une opération immobilière qui ne remboursera même pas les travaux de rénovation, laissant une ardoise de plus de 200.000 €, sans compter les aménagements intérieurs destinés à accueillir une médiathèque que le promoteur acquéreur devra détruire pour réaliser son projet de “changement de destination”.

La ville d’Orléans a ainsi la fâcheuse tendance, sous la pression des promoteurs immobiliers, à repousser à la périphérie les services  de proximité du centre ville pour récupérer un précieux foncier, il en sera de même avec la maison des sports de la rue Pasteur qui sera “transplantée” à l’Argonaute, la salle des sports de l’Argonne (qui en a bien besoin), sans compter les crèches réclamées régulièrement par les jeunes parents du quartier Bourgogne

Mais n’existe-t-il pas une solution de repêchage pour cette médiathèque du centre ville, en l’intégrant au projet de restauration des vinaigreries Dessaux, juste en face, les m² n’y manquent pas, et il n’est jamais trop tard pour bien faire et honorer une promesse vieille de vingt ans ?..

Gérard Poitou

 

Commentaires

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  1. La ZAC Desseaux est un fiasco architectural et urbanistique majeur de l’actuelle municipalité depuis S. Grouard. C’est raté de bout en bout. On avait la possibilité de boucher les dents creuses du quartier historique avec un bâti urbain cohérent mais moderne avec services et commerces de proximité, voire ce qui manque dans ce quartier vétuste et emprunt de promiscuité (bars insonorisés, lieux d’exposition pour jeunes artistes, supérette…avec surfaces de vente correctes… Résultat on a La Source sans les avantages (espace…)…Les années 70 sont de retour.

  2. @Charles

    Il faut remonter beaucoup plus loin que Serge Grouard, pour constater un état de dégradation avancé du quartier Bourgogne, notamment au sortir de la deuxième guerre mondiale. La ville n’a pas vocation à boucher les “dents creuses” à coup de millions d’euros, au préjudice des autres quartiers. Beaucoup a déjà été fait pour restaurer le patrimoine bâti ancien et il faut compter le temps administratif, pour voir aboutir les projets municipaux. Les anciennes Vinaigreries Dessaux tardent à trouver leur future destination et surtout leur équilibre financier, avec un espace contraint et peu de possibilités de stationnement. L’échec d’autres projets publics ou privés, doit donner à réfléchir.

  3. Et pourquoi pas un projet privé qui bénéficierait de fonds public en captant également des fonds participatif (crowdfundind) à la sauce “fabrique on paiera” ? Ce qui évite de verser directement de l’argent du contribuable à des structures “installées”. Reste à trouver un Clément Joubert …

  4. Merci pour cet article édifiant.
    Voici un beau ratage (comme il y en eu d’autre) qui laisse un goût amer sans aux habitants du quartier mas aussi, croyez-moi, à tous ceux qui ont cru et travaillé pour ce projet.

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