Les RAMI, c’est tous les jours de l’inattendu, et ce vendredi soir n’a pas failli à la règle en nous proposant des musiciens et poètes hors normes, dans des attelages originaux réservant bien des surprises.
Les petits mots de Charles Pennequin

Charles Pennequin photo Marie Line Bonneau
La soirée commença par une fanfare de mots déclamés par le poète et interprète de ses propres textes Charles Pennequin, accouplé pour l’occasion au guitariste extravagant Jean François Pauvros que nous avions déjà apprécié l’an passé avec Marcel Kanche.
Et le mélange et détonnant tout autant que déconnant: ouvrant une poésie à fleur de bouche, dont la fantaisie verbale ne manque pas de profondeur, Charles Pennequin nous fait rire autant que grincer des dents avec une vraie jouissance dans la diction de ces “petits mots” qui trament la petite histoire à laquelle nous appartenons… Un grand moment de ces RAMI 2017 !
Petit contes tristes à la mélopée poignante

Gaspar Claus Marion Cousin photo Marie Line Bonneau
Changement total de décor et d’époque comme sait nous en réserver le programmateur de ces RAMI, avec ce duo voix/violoncelle (Marion Cousin et Gaspar Claus), pour une découverte poétique des Baléares, avec ces contes chantés venus de temps lointains où la poésie racontait des légendes populaires.
Une voix lumineuse accompagnée d’un violoncelliste audacieux pour un petit moment merveilleux…
Et pour finir “Rêvons”

“Rêvons, c’est l’heure” photo Marie Line Bonneau
Autre tandem improbable, John Greaves, le gallois associé à la Belle du Berry avec comme entremetteur le trompettiste David Lewis, autrement dit le duo de Paris Combo qui nous avait charmé lors de son passage au Festival de Travers en 2014, le tout accompagné d’un violon et d’un accordéon, une belle formation donc pour cette fin de soirée.
Mais manque de connivence ou registre trop décalé, le gallois et la berrichonne ont ramé pour nous faire vibrer quand bien même sur les violons de Verlaine avec l’accent british.
C’est le risque de l’aventure: un concert inédit où la qualité des musiciens nous a fait passer un agréable moment mais où la poésie n’a pas trouvé sa voix… dommage !
Gérard Poitou