Orléans vise la Chine, sous l’influence d’influenceurs

De retour du voyage à yangzhou, ville chinoise désormais officiellement jumelée avec Orléans, les « influenceurs » ont livré leur « ressenti » et « retour d’expérience ». Olivier Carré aussi.

Les influenceurs et élus orléanais à yangzhou devant la réplique de la statue de Jeanne d’Arc de l’Hôtel Groslot offerte à la ville chinoise. (c) Bertrand DESHAYES.

Leur voyage avait – un peu – fait polémique. Olivier Carré et une délégation d’élus orléanais partaient officialiser le jumelage avec yangzhou (après l’accord de commercialisation) et il emmenait dans ses bagages non des journalistes mais des « influenceurs ». Le rôle de ces personnes sensées être – comme leur nom l’indique – très influentes sur le net, grâce à d’actifs blogs, comptes Facebook, Twitter, Instagram et autre indispensables gadgets de communication actuels, demeure encore assez flou. Voire, selon Olivier Carré maire d’Orléans lui-même, « péjoratif en France, alors qu’en Chine il n’a pas le même sens. Chez eux, sans être journalistes, les influenceurs ont la capacité de lever des opinions ». Un peu comme on lève des filets d’un poisson dans un restaurant… chinois. Voilà pour la mise au point.

Une clientèle pressée

Pour le reste, c’est-à-dire l’essentiel, les « influenceurs » sont surtout des professionnels du tourisme local partis à la pêche aux touristes chinois sur les bords du Yangzi Jiang. Le jeu en vaudrait la chandelle : ils seraient 100 millions à parcourir le monde, dont 5 millions rien que pour la France. Orléans aimerait bien en ramasser quelques miettes, en jouant une carte avec Chambord par exemple, comme en témoigne la responsable du développement touristique du Domaine national, Émilie Robert de Crépy : « Pour l’instant, les touristes chinois à Chambord sont environ 25.000 par an, ce qui n’est pas encore assez mais nous travaillons sur la question depuis une dizaine d’années pour faire augmenter ce chiffre. En créant des produits spécifiques à une clientèle généralement pressée, adeptes du « stop photo », s’arrêter juste le temps d’une photo en extérieur puis repartir ». Il y a 5 ans en effet, on comptait 1,5 million d’entrées sur le parking pour « seulement » 800.000 dans le château…

Permettre aussi à des touristes français de se rendre en Chine

Le bateau chinois offert à Orléans par la ville de yangzhou, en 2017.

Capter la clientèle touristique chinoise en les attrapant depuis Paris sur le chemin de Chambord et Beauval, voilà le souhait, le rêve chinois d’Olivier Carré et sa petite troupe d’influenceurs, partis à yangzhou du 16 au 21 avril dernier. « Le grand challenge est en effet de capter ce tourisme familial, qui a un peu plus de temps que 4 jours pour visiter l’Europe, et qui pourrait découvrir l’art de vivre à la française à Orléans » insiste-t-il. Pour cela, il va falloir s’adapter aux « exigences » et autres petites attentions de la clientèle chinoise… De même que le Français, à l’étranger, aime bien retrouver au bout de deux jours ses petites manies et son pain-beurre-café du matin, les touristes de yangzhou apprécieront sans doute la présence de bouilloires électriques, quelques sachets de thé vert et de nouilles chinoises dans leurs chambres d’hôtels… C’est en tout cas ce que retiennent – entre autres – deux prestataires hôtelières d’Orléans, Samira Manni (Deré hôtellerie) et Véronique Faure (hôtel Ibis). Julien Valembois, des Cars Dunois et Dunois voyage y allait aussi pour poser des jalons, et « permettre aussi à des touristes orléanais de se rendre à yangzhou ».

« On cherche des effets leviers »

Côté perspectives économiques, Olivier Carré souligne qu’à la suite de l’officialisation du jumelage, Orléans a été choisie pour représenter la France en 2021 pour une grande exposition universelle florale qui se déroulera à yangzhou, où sont attendus environ 20 millions de visiteurs. Orléans sera responsable du pavillon français, 5 ou 6.000 m² et c’est Aude de Quatrebarbes (adjointe proximité et gestion du domaine public, dont la stratégie végétale) qui a été chargée du suivi de ce dossier. Des échanges vont avoir lieu entre le CFA autour du tourisme, de la restauration, en envoyant des apprentis se former à l’art de vivre culinaire chinois, et inversement pour les chinois de yangzhou avoir la possibilité de venir apprendre les arts de la table à Orléans. « On cherche des effets leviers » dira Olivier Carré à l’issue de cette présentation du retour d’influence des « influenceurs », visiblement emballés par le voyage (1).

Pas de doute : la Chine fait plus que jamais rêver les élus et influenceurs orléanais, des rives de la Loire à celle du Yangzi Jiang. On pourra peut-être prochainement chanter avec eux « nuit de Chine, nuit câline, nuit d’amour, nuit d’ivresse, de tendresse… ».

F.Sabourin

(1) Dont ils ont eux-mêmes payé le billet d’avion, le reste ayant été entièrement pris en charge par la municipalité de yangzhou, nous a-t-on encore une fois répété pour mettre fin aux « rumeurs » et autres malveillants persiffleurs…

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