La France attend des réponses

Un débat  aura lieu mercredi à l’Assemblée nationale et jeudi au Sénat.  Comme Jean-Pierre Sueur qui le demandait dès lundi matin, tous les parlementaires ont estimé  qu’ils ne pouvaient continuer à examiner le projet de budget alors que dans le pays la colère gronde.

(c) Pascal Montagne. Infos Tours.

Un débat au parlement  suffira-t-il à calmer la  colère qui perturbe et tient en haleine  tout l’hexagone? Samedi un nouveau degré a été franchi dans la révolte. Ce ne fut pas une manifestation comme l’avait prévu le gouvernement mais une insurrection.  Si rien n’est fait, si des décisions satisfaisantes ne sont pas prises, si le chef de l’Etat ne monte pas au créneau, c’est un quatrième samedi qui nous attend, pire  que le troisième. Il n’y a pas eu que des émeutes au cœur de Paris, un peu partout le pays s’est embrasé jusqu’à mettre le feu à une préfecture. Certes les auteurs de violences et d’inadmissibles prédations  doivent être poursuivis et sanctionnés. Certes la présence de groupuscules d’extrême gauche et d’extrême droite ne fait aucun doute mais aussi des « gilets jaunes manifestants » ont été pris dans le feu de l’action. Entraînés dans cette atmosphère de violence ils n’ont plus contenu leur rage. C’est la révolte des  pauvres de 1789 qui sont partis à l’assaut de la Bastille, et celle des travailleurs pauvres déclenchée par les quarante-huitards qui se sont fait tuer place de l’Opéra et celle des communards en 1871. Face à l’immobilité du président ceux de 2018 n’ont pas vu d’autres issues que la démonstration de force pour se faire entendre, pour  d’obtenir la fin de l’injustice fiscale qu’ils ressentent au plus profond de leur être et dans leur quotidien.

A peine rentré du G20, le président de la République n’aurait-il pas dû s’adresser aux Français par télévision interposée au 20 heures de dimanche soir ?  Cela a manqué, cela manque. De partout des voix montent pour s’étonner de ce silence.   « Monsieur le Président, il faut des réponses »  ont titré le Figaro et le Parisien. Le Monde est allé plus loin encore. On peut y lire, « Macron sommé de désamorcer la crise ». A la sortie de son entretien avec le premier ministre que le chef de l’Etat a envoyé en première ligne, Olivier Faure,  le premier secrétaire du Parti socialiste, déclarait avec une certaine tristesse, « Pour l’instant nous n’avons aucune réponse ». Il a réuni en fin de journée un Conseil national non dans les nouveaux locaux du parti à Ivry mais dans une salle du Sénat où tous les parlementaires socialistes ont été conviés.

Revendications de gauche

Ce sont des revendications de gauche qui s’expriment depuis des jours et c’est bien des gens de gauche qui pourraient enclencher une sortie de crise, non pas le  P S pas vraiment audible mais dont le patron a pourtant déjà évoqué « des Etats généraux du pouvoir d’achat », non pas le patron des Insoumis démonétisé par ses coups de gueule   mais les deux leaders syndicaux Laurent Berger (CFDT) et Philippe Martinez (CGT), deux briscards rompus à la lutte sociale qui insistent pour l’ouverture de pourparlers sur la base de revendications sociales.  Emmanuel Macron peut-il accepter lui qui a jusqu’ici tenu à l’écart les corps intermédiaires ? Il vient d’ailleurs de remettre à plus tard son rendez-vous prévu ce mardi en fin d’après-midi avec les associations de maires.

Beaucoup par manque d’expérience et malgré les mises en garde d’un Gérard Collomb, ministre de l’Intérieur sur le départ ou d’un Jean -Yves Le Drian l’exécutif sur de son bon droit n’a voulu voir dans ce mouvement qu’un accès de fièvre passager. Obnubilé par l’échec de son prédécesseur François Hollande qui avait fini par reculer devant la rue Emmanuel Macron avait décidé de ne pas   céder à cette dernière. Maintenant il lui faut trouver un dispositif qui lui permette d’écouter, d’entendre et d’agir dans le bon sens.

Et maintenant les agriculteurs

Edouard Philippe, Premier ministre.

De leur côté si une porte de sortie  se présente les » gilets jaunes », doivent être capables de désigner et de présenter une délégation crédible et représentative susceptible d’aboutir à un compromis. La démocratie des réseaux sociaux a besoin de se structurer. En attendant, les ambulanciers ont bloqué le centre de Partis cet après-midi, des dépôts de carburant sont toujours bloqués, des ronds-points occupés,  des « gilets jaunes » toujours en faction, des lycéens manifestent et sur les réseaux sociaux il y a des appels à manifester à Paris samedi prochain et les agriculteurs vont manifester la semaine prochaine mécontents de la loi alimentation et de ses ordonnances

De part et d’autre il faut inventer.  Le quinquennat Macron est à un tournant.  Le président peut-il « maintenir le cap » sans l’aval du peuple ? Un peu  d’humilité pour renouer les liens serait bien venue sinon le pire est à craindre.

F.C 

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