Orléans: le refrain européen de Bruno Le Maire brouillé un instant par l’Internationale en jaune

Il est en bras de chemise, l’assistance en cercle autour de lui. Comme en 2016 alors qu’il était à l’époque candidat à la primaire de la droite. En bras de chemise comme Emmanuel Macron, en plus raide, il tourne et retourne ses arguments et balaye la salle de son regard bleu. Même configuration : ils sont environ 120 à être venus salle Eiffel, pas tous des militants ou sympathisants de LREM sous la baguette de Jihan Chélly,  la dynamique et nouvelle référente des Marcheurs.. Des contradicteurs aussi.

Bruno Lemaire salle Eiffel lundi à Orléans.

Olivier Carré, qui était déjà là en 2016 -Le Maire était son candidat- arrive très en retard, fêtes Johannique obligent. Une place au chaud lui a été réservée au premier rang, près du trio des députés de la majorité, Caroline Janvier, Stéphanie Rist (LREM) et Richard Ramos (MoDem). Pas trace de Nathalie Kerrien, donnée pourtant possible candidate marcheuse aux municipales. Jeanne d’Arc aurait –telle bon dos sous sa cuirasse ? Pas de Béatrice Ondulami non plus mais deux élus d’Orléans quand même, Mathieu Langlois et Jean-Michel Vinçot.

“Parlez de la France”

L’incident avec le chanteur gilet jaune.

« Si vous voulez parler des élections européennes, parlez de la France et montrez que l’Europe renforce la France », avait lancé Bruno Le Maire en attaque de sa démonstration. Cinq exemples d’Europe bienfaitrice nationale plus tard, il lance, poète européen, « il ne faut pas aller chercher l’Europe dans les étoiles ».

C’est alors qu’au deuxième rang, à la gauche de l’arc de cercle, un homme se lève, ceint d’un gilet jaune et entonne, poing levé, l’Internationale. Tendu, Bruno Le Maire lui fait face et le laisse aller au bout du refrain. Des vigiles interviennent et expulsent en douceur le perturbateur. Là où Emmanuel Macron aurait tenté d’entamer un dialogue, Bruno Le Maire s’est crispé. Juste après l’Internationale, le local de l’étape, Olivier Carré fait son entrée…

Tout juste une fois l’homme évacué,  Bruno Le Maire constate que ce gilet jaune est seul et que les élections de 2017 ont parlé comme le nombre de sympathisants ce lundi soir.

Un peu plus tard face à une enseignante qui estime que « le gouvernement veut détruire le statut des fonctionnaires », le ministre de l’Economie argumente et échange cette fois  “ce que nous souhaitons c’est que l’enseignant puisse avoir une deuxième carrière ».

Les barrières contre la Chine et les USA

Seule l’Europe a la dimension contre la Chine et les USA.

En toile de fond et en leit motiv du ministre de l’Economie, les USA et la Chine jouent le rôle de cibles. Dernière exemple en date, Ascoval. « Pour la première fois  depuis dix ans la France recrée des emplois industriels….Croyez-vous que la France, à elle seule, aurait pu faire des barrières tarifaires contre la Chine ? ». En l’occurrence c’est l’Europe qui a décidé de mesures de rétorsion afin d’augmenter les tarifs de l’acier chinois.

Bruno Le maire, classé centre droit et libéral sur l’échiquier politique n’hésite pas à défendre les aides publiques comme l’ont fait les Chinois pour les panneaux solaires et les américains en faveur de leur politique de l’espace. Au fil des questions de l’assistance il saute de la démocratie représentative, « qui est épuisée…qu’il faut réformer en profondeur », aux relations avec l’Allemagne, à l’euro rempart contre l’inflation.

                                                               Patriote et européen

Les mains dans le cambouis en bras de chemise retroussés.

« Si nous gagnons Emmanuel Macron sera respecté et écouté il gardera le leadership, si le FN est en tête ce sera tout autre chose ». La liste Loiseau dans les sondages, est en effet au coude à coude avec celle du candidat de Marine Le Pen,  Bardella. Alors  pour essayer de faire la différence, clairement, Emmanuel Macron a demandé à ses ministres de mouiller la chemise. Bruno Le Maire est allé jusqu’à en retrousser les manches, pour mettre les mains dans le cambouis électoral. Et il termine son “stand up ” en revenant sur sa formule initiale : « si  on est patriote, on est européen ».

                                                                                 Ch.B

 

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http://www.lefigaro.fr/vox/economie/bruno-le-maire-reprise-de-l-acierie-ascoval-les-lecons-d-un-heureux-denouement-20190506

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