
Photo Marie Line Bonneau
Troisième version ce samedi soir, à la Scène Nationale d’Orléans, du poème de Maïakovski, dit par la comédienne Rozenn Biardeau. Nouvelle lecture et nouvelle sensation après celles de Arnaud Roi (Magcentre) et de Nastasia Berrezaie (Magcentre), lecture moins emphatique, moins jouée mais ô combien plus intimiste pour un public dans le hall du théâtre, resserré autour d’une tragédienne, cette fois sans micro, en communion inspirée avec les mots.
La diction parfaite donne alors le plein sens de ce psaume sarcastique, et l’accentuation des syllabes impose une rythmique qui fait que la poésie est aussi musique, dans une sorte d’abstraction textuelle, plus marquée, que Maïakovski revendiquait comme manifeste d’une poésie libérée des carcans “bourgeois”. L’accompagnement minimaliste des deux musiciens, dont les instruments ne cessent d’osciller entre note et bruit, ne souligne que mieux cette musicalité verbale du poème.
Bravo et merci encore à Gérard Bedu, organisateur de ces RAMI (Rencontres Aritstiques de Musique Improvisée) de nous avoir offert cette trilogie autour du poème de Maïakovski, superbe idée servie en trois concerts successifs, (re)découverte d’un texte centenaire qui a gardé à la fois son caractère de révolte formelle et de prémonition de la révolution sociale.
> Rozenn Biardeau /Quentin Biardeau /Thibault Florent
Concert suivi à 20 h 30 de:
-Richard Comte Guitare Improvisation
-Lila Tamazit (voix), Sébastien Boisseau (Contrebasse)
Gérard Poitou
Les RAMI continuent jusqu’au dimanche 25 octobre
Le programme des RAMI: ICI
http://www.scenenationaledorleans.fr/