
A déambuler dans Orléans durant ce week-end de Journées du Patrimoine, on pouvait s’interroger sur les critères qui président aux consignes de protection des manifestations publiques en cette période d’état d’urgence face à la menace terroriste. Après l’annulation d’un vide grenier et d’un concert à la MAM pour sécurité insuffisante, certains organisateurs de manifestations ont visiblement remonté la garde avec par exemple sur tous les lieux programmés par le festival Hop Pop Hop, la présence de deux vigiles assurant une fouille au corps de tous les spectateurs. D’autres comme les musées, le Frac ou le stade de La Source assuraient une fouille minimale des sacs, mais d’autres lieux et non des moindres accueillaient un public très nombreux sans aucune surveillance visible ni filtrage comme au bon vieux temps d’avant l’état d’urgence.
On peut ainsi citer deux événements (et on se limitera à ceux-là pour ne pas donner de mauvaises idées…) où la sécurité était totalement inexistante, comme vendredi soir en l’église Saint-Pierre-le-Puellier où un foule dense se pressait en présence de nombreux élus, responsables politiques et artistes pour le traditionnel vernissage des Artistes Orléanais, ou ce dimanche à la cathédrale Sainte-Croix presque comble pour la cérémonie d’accueil du nouveau recteur, surveillée seulement par trois policiers en armes sur le parvis de l’édifice…
Bien sûr c’est compliqué d’imposer des fouilles systématiques lorsqu’il y a foule, mais à l’évidence ces distorsions de protection sont inquiétantes, et l’on semble confronté à une sorte de paradoxe de la sécurité publique qui est que plus il y a de monde en un lieu et moins la sécurité est assurée, paradoxe dont il faudra bien trouver la solution si l’on veut assurer une protection efficace des lieux qui accueillent du public, face à une menace terroriste qui s’installe malheureusement dans la durée.
Gérard Poitou