La deuxième édition des Voix d’Orléans, Rencontres de la Francophonie, avec pour thème cette année “Frontières: monde ouvert, territoires fermés”, s’est ouverte vendredi 31 mars dans l’après midi à l’Hôtel Dupanloup. Olivier Carré, maire d’Orléans, a expliqué dans son discours d’accueil pourquoi il a voulu cette manifestation internationale et quel sens il lui donne (voir également la vidéo de l’émission Agora). Rappelant sa participation à la conférence sur le climat de Montréal, Olivier Carré a d’abord expliqué comment le “contrat social” est passé de la nation à une responsabilité mondialisée. Mais cette conscience collective émergente s’accompagne aussi d’un mercantilisme dévastateur qui conduit souvent a un refus de cette globalisation et à un repli sur soi, transformant les frontières des états en refuge sécurisant.

Le parlement universel des écrivaines
Rappelant alors le rôle essentiel de la francophonie comme espace d’échange et de réflexion sur le monde, Olivier Carré a annoncé dans le prolongement des premières Voix d’Orléans, la création à Orléans du parlement universel des écrivaines en partenariat avec l’Université d’Orléans mais aussi avec toutes les institutions francophones voulant s’y associer, avant de conclure son intervention par la phrase très hugolienne “la liberté d’expression n’a pas de frontière mais une patrie la langue française”.

Michel Foucher * : Frontières, le retour
Michel Foucher, géographe, diplomate et essayiste français, a ensuite prononcé la conférence d’ouverture, balisant la notion de frontières en rappelant leur histoire et la place qu’elles tendent à occuper dans notre monde contemporain. Si la frontière dans le vocabulaire de Jeanne d’Arc s’apparente à la ligne de front avec les anglais, ce sont les guerres de religions en Europe, qui par leur atrocité vont imposer la nécessité d’établir des frontières protégeant les pratiques religieuses différentes sur le principe un peu oublié “cujus regio, ejus religio”. Et si l’Union Européenne a rendu invisibles ces frontières étatiques, elles n’en demeurent pas moins présentes tant par les langues que par les systèmes politiques et sociaux, l’Europe ne sachant pas se définir une frontière dans son expansion vers l’est jusqu’aux confins d’un empire-état, la Russie.
Après avoir ironisé sur les choix de l’administration Trump de construire un mur séparant les États-Unis et le Mexique partenaire commercial de la sous-traitance nord américaine, Michel Foucher a conclu son intervention, après la critique des murs, par un éloge des ponts, citant l’écrivain italien Erri de Luca : “le pont est une machine cordiale”.
Gérard Poitou
*auteur de “Le retour des frontières” aux éditions du CNRS
Suite du programme ce samedi 1° avril