Pour sa quatrième édition, le Festival du dessin d’Arles se déploie dans une quinzaine de lieux avec une cinquantaine d’expositions d’artistes de toutes les époques.

Rosa Marie Unda Souki, ADAGP, Paris, 2026 Courtesy Dilecta
Bonne nouvelle ! Le Festival du dessin d’Arles est de retour. Dessins d’art anciens, d’humour, de presse, portraits ou œuvres d’art contemporaines comme la « Mer de seins » d’Annette Messager. Les expositions sont variées, éclectiques, pleines de découvertes émouvantes, comme ces clichés-verre à la pointe de Camille Corot ou ce sous-main de Théodore Géricault vus à l’église Sainte-Anne, en plein centre, dans le cadre de la passionnante exposition « Et la vie continue… », qui présente la très belle et bien scénographiée collection de l’homme de cinéma Marin Karmitz.
Les paysagistes
Juste à côté, à l’Archevêché, ce sont des dessinateurs paysagistes qui sont mis à l’honneur, dont les dessins d’arbres du poète dadaïste Georges Ribemont-Dessaignes ou les raffinées aquarelles et dessins de Gérard de Palézieux (1919-2012) formé à l’école des Beaux-arts de Lausanne. À deux pas, derrière l’hôtel de ville, dans la salle Henri Comte, l’Italie, invitée d’honneur du festival, est célébrée avec des dessins de l’écrivain Dino Buzzati, l’auteur du « Désert des Tartares », dont on apprend qu’il s’est bizarrement toujours considéré plus peintre qu’écrivain, de Guido Crepax – le créateur de la bande dessinée Valentina – l’un des plus importants auteurs italiens de bande dessinée et de Lorenzo Mattotti, autre révolutionnaire du 9ᵉ art.

Fabien Mérelle Barricade @ ADAGP Courtesy Galerie by Laura Sedbon
À l’affiche également du musée Arlaten et à l’Espace Van Gogh, plusieurs générations de dessinateurs italiens, dont les fameuses « Prisons imaginaires » gravées par Piranesi (1720-1778) ou la Collezione Ramo de Milan, qui couvre une période allant du début du siècle dernier à nos jours avec les artistes du futurisme italien, de l’Arte povera, ainsi que Giorgio de Chirico, Alberto Savinio ou encore Giorgio Morandi. Au passage, ne manquez pas de vous rendre également au musée Réattu, à la chapelle du Méjan, à la fondation Lee Ufan Arles qui expose entre autres les figures fragmentées de Germaine Richier (1902-1959), artiste majeure de la sculpture du XXᵉ siècle qui dessinait non pas « pour préparer une sculpture, mais pour voir », ou à la fondation Manuel Rivera-Ortiz où l’on peut voir les puissants dessins de l’Autrichienne d’origine rom Ceija Stojka (1933-2013), rescapée, enfant, d’Auschwitz, pour ne citer qu’eux.
De l’humour au sarcastique et au cruel
Et à Croisière, un lieu un peu à part, les dessinateurs Loup, Muzo, Fabien Mérelle ou le chanteur-compositeur Philippe Katerine passent avec brio du registre de l’humour au sarcastique et au cruel. À l’étage, voyage vers Berlin, Rome ou en Australie avec les planches d’illustrateurs sélectionnés par Vuitton pour sa collection de Travel book. Mais aussi les étonnantes aquarelles gouachées de la Vénézuélienne Rosa Maria Unda Souki qui explore le quotidien ou encore les incroyables dessins grands formats de Diego de Mauri, Helmut Nimczewski et Cristelle Roulin, de nouvelles figures de l’art brut.
Le tout est passionnant, étonnant, avec plus de 1 500 dessins de près de 50 artistes, exposés dans 11 lieux. Et de quoi, en déambulant au passage dans les plus beaux monuments du centre, se rendre compte, si ce n’était pas déjà fait, à quel point négliger pendant des années cet art ancestral qu’est le dessin, était une bévue.
« Le dessin est le premier art de l’enfance. Il est aussi le premier art connu de nos ancêtres préhistoriques. Longtemps déconsidéré au profit de la peinture et mis à l’écart, il revient en force depuis quelques années… », Frédéric Pajak, dessinateur, écrivain et directeur des éditions « Les Cahiers dessinés ». Il est le fondateur, avec Vera Michalski, du Festival du dessin d’Arles dont il est le directeur artistique.
Carnet de bord
Festival du dessin à Arles jusqu’au 17 mai.
www.festivaldudessin.fr
Billetterie : place de la République tous les jours de 9h30 à 18h. Tarif plein : 24 euros.
Sans oublier qu’en parallèle on peut assister à des débats, des rencontres, des projections de films, des concerts ou participer à des ateliers de dessin :
- Jeudi 7 mai 2026 de 18h30 à 20h30 à l’Espace Van Gogh : atelier d’écriture gratuit avec Laure Neria, à partir des œuvres exposées. Et si une œuvre éveillait en nous le désir d’écrire ? À partir des dessins de Jean Tinguely, Louis Souter, Léon Bongrain et Sam Ringer, explorez différentes façons d’ouvrir l’imaginaire.
Un atelier d’écriture ouvert à toutes et tous, débutant·es comme auteur·ices (dès 15 ans). Dans la limite des places disponibles. Les inscriptions sont ouvertes.
- Vendredi 15 mai 2026 de 21h à 22h10 au Théâtre municipal
« Ce que je sais de la mort, ce que je sais de l’amour » avec Philippe Katerine et le guitariste Philippe Eveno. Une soirée en deux temps : conférence philosophique sur l’amour et la mort, suivie d’un concert. Réservation sur le site de la billetterie du Festival du dessin.
- Samedi 16 mai 2026 de 11h30 à 16h devant l’église Saint-Blaise
Fête du week-end de clôture : L’Aperitivo sur l’esplanade Saint-Blaise. Entrée libre, apéritif offert par le Festival du dessin. Les repas sortis du sac sont les bienvenus après le marché. Bar & petite restauration sur place.
Festival OFF (festival OFF) D’autres expositions à découvrir dans les galeries et librairies de la ville. À la librairie De Natura Rerum, dessins de Benjamin Van Blancke illustrant le volume d’Isaac Asimov sur les Égyptiens, dont la traduction française paraît en avril aux Éditions Les Belles Lettres.
À la galerie Huit Arles, exposition de 15 dessins du 7 mars au 2 juillet 2026 : Exposition Arles Autrement de Camille Domange, dessinateur arlésien.

“Le message aux oiseaux”, Tsutomu Hoshinati Courtesy galerie Anthologie, Paris
Plus d’infos autrement :
L’art de rien : une expo « a minima » à l’ESAD Orléans