Pour son dernier concert de la saison, l’OSO avait choisi un programme entièrement consacré à Gabriel Fauré, avec des pièces pour chœur, orchestre et solistes évoquant la douceur mélodique du compositeur. Deux beaux concerts les 6 et 7 juin ont ravi un public toujours fidèle et pour autant critique avisé des prestations de « son » orchestre.

l’Orchestre et le chœur symphonique en concert au théâtre le samedi 6 juin 2026. Photo AC Chapuis
La séance s’ouvre sur le fameux « Cantique de Jean Racine », un classique du répertoire choral où chaque voix est mise en valeur lors d’entrées successives, avec un accompagnement subtil de l’orchestre. Une belle ouverture sur le plaisir -trop rare- de retrouver le chœur symphonique aux côtés de l’orchestre.
C’est ensuite un moment magique avec « Après un rêve », pièce pour solistes et orchestre. Les belles voix de Daphné Corregan, soprano, et Virgile Frannais, baryton, saisissent le spectateur en interprétant leurs mélodies depuis la salle. Un bel effet, avec une transmission de la lumière, qui emmène sur les chemins du rêve et de la poésie.

Deux magnifiques solistes ont participé au concert OSO des 6 et 7 juin : Daphné Corregan et Virgile Frannais, salués par Marius Stieghorst. Photo AC Chapuis
Un moment plus inattendu fut celui de la suite pour orchestre « Dolly », une succession de six numéros variés et agréables. Alternant mouvements mélodiques ou rythmés, thèmes de berceuse ou danses, c’est une véritable fresque colorée qui fait dialoguer cordes et vents, faisant la part belle aux solistes, dans une écriture post romantique pleine de contrastes. Une belle découverte, comme l’OSO et son chef Marius Stieghorst aiment à en réserver à leur public.

L’OSO en fin de concert le 6 juin 2026
Un requiem tout en finesse et subtilité
Place en deuxième partie au célèbre Requiem écrit par Gabriel Fauré en 1888 suite à la mort de ses parents. Avec un début pianissimo, le ton est donné : ce requiem n’a rien à voir avec ceux de ses prédécesseurs, comme Mozart, Brahms ou Verdi, pour n’en citer que quelques-uns. Fauré, lui, a opté pour le recueillement, comme « une aspiration au bonheur de l’au-delà plutôt que comme un passage douloureux » écrit-il. Et cela donne une œuvre intériorisée, dans les tessitures graves ou medium (les violons n’interviennent qu’à partir du Sanctus) où les thèmes mélodiques sont particulièrement soignés.
Fréquemment interprétée à Orléans, c’est toujours un plaisir de ré-entendre cette œuvre contemplative, avec ses beaux airs connus (comme celui de l’Agnus Dei joué par les violons), les dialogues vocaux (comme celui entre altos et ténors dans l’offertoire), ou le temps suspendu du Pie Jesu confié à la soprano accompagnée par l’orgue et la harpe. L’ensemble fut de bonne facture, et même si, au début, le chœur et l’orchestre se cherchaient un peu, la musique était là, assurément. Saluons au passage le travail des 54 choristes (et notamment celui des 7 valeureux ténors) et le chœur des jeunes (la relève ?), tous amateurs et engagés dans ce beau concert sous la houlette de leur cheffe Émilie Legroux.

La saison 2026/2027 est annoncée. Photo AC Chapuis
Ce fut donc une belle conclusion de la saison, en attendant la prochaine annoncée par Benoit Barberon avec encore et toujours de belles surprises à venir. Nous en reparlerons.
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