D’une qualité remarquable, l’édition 2026 du Festival international des Jardins de Chaumont-sur-Loire a livré le palmarès de sa 35ᵉ édition ce mardi 16 juin. Cinq équipes ont été distinguées pour leur créativité et leur talent.
Stalker, un jardin de résilience : 1er Prix Création 2026. Crédit photo Jean-Luc Vezon.
Le jardin fait son cinéma, le thème de l’édition 2026 du plus prestigieux festival des jardins en France et en Europe, a incontestablement inspiré paysagistes, scénographes et jardiniers du monde entier venus dans cet écrin du Val de Loire composer leur ode à la nature. « C’est un cru exceptionnel. Les 25 créateurs retenus par le jury nous entraînent dans l’univers de films cultes. Le jury a distingué cinq équipes, mais toutes méritent notre admiration pour leur design et leur ambiance », déclarait Chantal Colleu-Dumond, directrice du Domaine régional, en amont de la distribution des prix, tandis que les caméras de plusieurs émissions de télé filmaient l’événement.
Le thème, qui a ouvert l’imaginaire des concepteurs, a aussi inspiré les quatre invités « Carte verte ». Golshifteh Farahani (Le Jardin de Minâb), Sabine Azéma (Cinémazéma), Mélanie Laurent et Philippe Berthomé (La lanterne des profondeurs) et la réalisatrice japonaise Momoko Seko (Planètes) présentent des univers végétaux audacieux, surprenants et immersifs.
Le prix de la Création distingue Stalker : un jardin de résilience, pour son intégration paysagère. Le film culte soviétique d’Andreï Tarkovski (1979) a inspiré l’artiste Olga Kisseleva, le paysagiste Maayane Mouchenik, les jardiniers Alain Ratoret et Savinien Chatel et l’architecte Philippe Balhadere.
Le prix du Design distingue Le Festival des Cannes, un jardin original, plein d’humour et de glamour, réalisé par les paysagistes français Thomas Secondé et Anne-Cécile Freyburger.
Le prix de la Palette végétale distingue Jurassic Plantes, un jardin composé d’une exceptionnelle diversité de plantes jurassiques, conçu par Corentin Pfeiffer, paysagiste et metteur en scène du végétal, et Romain Maire, auteur et formateur sur le thème des orchidées.
Jurassic Plantes : Prix de la palette végétale
Le prix du Jardin transposable distingue Le jardin de Truman, un jardin dont les visiteurs peuvent s’inspirer pour créer ou sublimer chez eux leur propre jardin. Il a été créé par les élèves de l’Institut Agro Rennes-Angers : Louna Rocquin-Geniez, Fanny Suere, Lucas Leblanc et Paul Grimault qui nous proposent une palette végétale finement choisie.
Le jardin de Truman : Prix du jardin transposable
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Le jury composé de paysagistes, de journalistes, de critiques d’art, de pépiniéristes et de jardiniers a par ailleurs souhaité attribuer un Coup de cœur au jardin Les Roseaux Sauvages. Conçu par Sergio Garcia-Gasco Lominchar (architecte-chercheur), Louis Sicard (architecte paysagiste) et Emilio Valverde (créatif en communication), ce jardin pour la poésie et la délicatesse du jardin.
Les Roseaux Sauvages : Prix Coup de coeur
Véritable laboratoire à ciel ouvert dédié à la création, à l’imagination et à la nature, le Festival international des jardins du Domaine de Chaumont-sur-Loire se prolonge jusqu’au 1er novembre. L’équipe des jardiniers du domaine, dirigée par Daniel Driancourt, bichonne les jardins qui se découvrent aussi lors de passionnantes visites guidées tous les jours de 14 h 30 à 16 h.
Une reconnaissance qui ouvre des opportunités
Venus de l’Institut Agro Rennes-Angers qui forme des ingénieurs du paysage, Louna Rocquin-Geniez, Fanny Suere, Lucas Leblanc et Paul Grimault étaient particulièrement heureux d’une distinction qui va lancer leur carrière. Les quatre étudiants en Master II, tous en alternance en entreprise, confiaient que ce projet de jardin Truman, inspiré du film The Truman Show de Peter Weir (1998), « est l’aboutissement de huit mois de travail acharné et qu’ils avaient tout fait ensemble sauf le terrassement ».
Sur le thème de la téléréalité et de l’illusion, la bande des 4 a conçu un jardin résilient « de plantes cultivées, de méthodes d’entretien et de pratiques de réemploi, afin de redonner au jardin la capacité d’évoluer, de surprendre et d’entrer en résonance avec ceux qui le vivent ».
« Notre jardin encourage une autre prise de conscience, écologique, qui place l’humain et ses gestes au cœur du récit », insistait Louna Rocquin-Geniez.
Chantal Colleu-Dumond avec les jeunes créateurs du jardin Truman qui ont reçu le Prix du jardin transposable. Crédit photo Jean-Luc Vezon.
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