Département du Loiret : le répit budgétaire ne dissipe pas les inquiétudes

Alors que le Conseil départemental du Loiret se réunit en session ces 18 et 19 juin, l’assemblée dressera son bilan de l’année 2025. À l’image d’une partie des départements français, le patient loirétain reprend du poil de la bête grâce au rebond des droits de mutation, mais ce n’est pas demain qu’on se risquera à lui retirer la perfusion.
 

Conseil départemental du Loiret
Le Conseil départemental du Loiret. cl GP


Par Mael Petit.


Une collectivité qui respire sans être en pleine santé, c’est aujourd’hui le diagnostic établi pour le département du Loiret. L’autofinancement grimpe à 48,7 M€ contre 40,8 M€ en 2024. En parallèle, la capacité d’investissement est ramenée à 104 M€, soit une baisse de 23 %, en ligne avec l’objectif de 30 M€ d’économies inscrit au budget 2026. Côté dépenses, les allocations de solidarité poursuivent leur ascension, portées par une prestation de compensation du handicap (PCH) en hausse de 14 % et un RSA toujours indomptable. Un bilan donc loin d’être reluisant.

Cette respiration, le Département la doit surtout au relèvement jusqu’au plafond de 5 % des droits de mutation (DMTO). Une marge obtenue de haute lutte par Départements de France auprès du gouvernement début 2025, qui rapporte 15 M€ supplémentaires. S’y ajoute une embellie sur la taxe sur les conventions d’assurances, venue beurrer les épinards d’un budget exsangue. Dernières nouvelles : la vente du site de Châteaubriand (2,5 M€), ancien siège des services départementaux désormais centralisés au sein de la cité loirétaine située avenue des Droits de l’Homme à Orléans, et la mise en vente de douze maisons éclusières du canal d’Orléans, que le Département a racheté en 2021. La collectivité vend ainsi ses vieilles pierres pour financer le social, fournissant une image qui résume assez bien la période qu’elle traverse. « Si les chiffres s’améliorent légèrement, la situation reste fragile », tempère toutefois le président UDI du département, Marc Gaudet, peu rassuré par l’inflation annoncée pour 2026. Une prudence bien légitime au regard des ratios cibles toujours hors des clous : taux d’épargne brute à 7 % (6 % en 2024) et un désendettement au-delà de dix ans.

Festival de Sully, quand te reverrai-je ?

Le Département du Loiret reste malgré tout optimiste, surtout après un nouveau coup de rabot et la taillade ligne par ligne dans le budget 2026 qui lui permet aujourd’hui de stabiliser ses finances. « Cette politique porte ses fruits », se félicite même Marc Gaudet. Le secteur associatif, premier fusible sacrifié comme le dénonce l’opposition, a particulièrement payé l’addition. Mais le Département promet une trêve l’année prochaine. « On vise un budget étale pour 2027. » Dans ces conditions, on comprend aisément que le festival de Sully devrait connaître une deuxième année de pause, même si l’exécutif se refuse à l’officialiser, entretenant à peine l’espoir. Mais si retour il devait y avoir, cela se ferait au détriment de sa grandiloquence des dernières éditions.

RSA, l’enfant chéri devenu boulet

Pour l’instant, les attentions se focalisent plutôt sur les dépenses sociales qui cristallisent l’agacement de Marc Gaudet. Si sur l’aide sociale à l’enfance – compétence prioritaire – l’élu se dit résigné par « des chiffres à la dérive », il veut porter ses efforts sur le coût de l’accompagnement des bénéficiaires du RSA. Le Loiret avait pourtant encouragé cette réforme jusqu’à devenir territoire d’expérimentation. Mais l’insuffisance des compensations financières de l’État pour faire face aux nouvelles charges sonne comme un refrain désormais bien familier. « Ce n’est pas normal qu’il n’y ait pas d’inflexion sur ce sujet », peste d’ailleurs son président. D’où un nouveau régime de sanctions annoncé il y a quelques semaines pour les individus ne respectant pas les obligations liées à leur contrat d’engagement réciproque. Le Département renouvelle aussi son intention de traquer les « injustices », en particulier ces allocataires porteurs de projet de travail indépendant dont l’activité serait peu pérenne, voire pour certains, jugée de façade par la vice-présidente en charge de l’Emploi, Anne Gaborit. Des économies espérées et évaluées – à vue d’œil – à « plusieurs millions d’euros ».


Plus d’infos autrement :

Contrôle accru des bénéficiaires du RSA par le Département du Loiret

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