MagCentre est allé à la rencontre de ces personnes qui, bénévoles ou professionnelles, dans l’ombre ou sur le devant de la scène, mettent leur talent au service de la culture musicale. Pour la faire connaitre, la développer et la diffuser à tous les publics.
Aujourd’hui : François-Henri Houbart, organiste

François-Henri Houbart aux orgues de La Madeleine. Photo Julien Tellier
« Vous trouverez tout sur Wikipédia ! » François-Henri Houbart ne cherche pas la notoriété, il est presque étonné que l’on s’intéresse à lui et ne s’étend pas sur son parcours. Né à Orléans, il découvre la musique à 8 ans chez les Dominicains de Sorèze (Tarn) où il fait ses études. Il se souvient d’une éducation un peu militaire avec uniforme, lever des couleurs, défilés, mais avec une prédilection pour les arts et les lettres qui lui ouvre des horizons. Il apprend le trombone, le piano, le clavecin puis l’orgue. Il rend hommage à ses professeurs qui très vite ont dit à ses parents : « ici il perd son temps. » Retour à Orléans, études au Conservatoire de sa ville natale, puis à Paris auprès des plus grands maîtres (Pierre Lantier, Pierre Cochereau, Michel Chapuis, Jean Guillou…).
Professeur, organiste, concertiste
Son parcours est vaste et se décline en plusieurs dimensions : professeur, il ouvre la première classe d’orgue à Orléans en 1980 et nombreux sont les organistes aujourd’hui reconnus à avoir bénéficié de son enseignement.
Titulaire des grandes orgues de la Madeleine à Paris depuis 47 ans, « la paroisse de la Présidence », il mesure les « belles rencontres » que cette fonction lui a permises, notamment lors des cérémonies officielles ou obsèques, où il croise les plus grands. « J’aimais beaucoup Jacques Chirac, mais je suis aussi grand ami avec Jean-Pierre Sueur : avec l’art on dépasse les clivages politiques ! »
Sa carrière de concertiste l’a emmené très loin en France et à l’étranger. Questionné sur ses meilleurs souvenirs, il évoque l’inauguration de l’orgue de Wichita (USA), une tournée au Japon ou des concerts à Münster. Côté musique, il cite Saint-Saëns (son prédécesseur à la Madeleine) et notamment la 3ᵉ symphonie pour orgue et orchestre. Mais très vite il évoque « cinq siècles de répertoire » qui donnent à l’orgue ses lettres de noblesse et une place fondamentale dans l’histoire de la musique. Il a effectué plus de 70 enregistrements.
Les orgues du Loiret
Là où François-Henri Houbart s’anime tout particulièrement, c’est quand il parle de l’association « Orgues du Loiret » dont il a pris la présidence en 2025 et qui compte près de 800 adhérents. Il a à cœur de mettre en valeur les 80 orgues du département, dont 10 sont classés, mais aussi les organistes et compositeurs. « En France, on est riche d’un patrimoine organistique, il n’y a pas que les châteaux ou le vin ! » Dans cette optique, la première journée départementale de l’orgue est organisée cette année à Pithiviers le 28 juin 2026 à 15 h, église Saint-Salomon, avec Julien Tellier, Damien Colcomb, Jean-Pierre Griveau, Olivier Salandini. F.H. Houbart y rendra un hommage au facteur de l’orgue pithivérien de 1789, Jean-Baptiste Isnard (qui a longtemps vécu et travaillé à Orléans).
Les projets ne manquent pas. La deuxième journée départementale est déjà envisagée pour la Pentecôte 2027 à Saint-Benoît-sur-Loire, avec concerts et master classes.
Et la conviction reste de mise chez ce musicien infatigable. Après un inventaire réalisé en 2016, « Histoire de l’orgue en orléanais et dans le Loiret » aux éditions Delacour, il poursuit sa détermination à « faire connaitre les musiciens les plus méconnus », notamment les Orléanais (une plaque signalant la demeure d’Olivier Mignan a été apposée au 9 rue Jeanne d’Arc), et défendre un patrimoine car « valoriser les instruments, c’est partager une histoire ».
Pour en savoir plus : https://www.jds.fr/pithiviers/agenda/musique-et-concerts-96_B
Plus d’infos autrement :
Ils dynamisent la musique à Orléans # 21 : Clément Joubert