Jazzin’Cheverny, une seizième édition muy caliente !

Pendant trois jours sous le soleil, toutes les formes de jazz ont pu s’exprimer sur les différentes scènes lors de cette seizième édition au cœur du village de Cheverny.

Deluxe – cl EV



Par Emmanuelle Viora


Dans un festival, il y a l’organisation et tous les bénévoles qui œuvrent pendant des jours et même des semaines pour que tout se passe bien. Dans les festivals, il y a bien sûr les têtes d’affiche, celles qui font venir les fans et ceux qui estiment qu’il fallait être là pour le (ou la) voir. Et puis il y a les pépites, les talents en devenir, les chanteuses à voix, les excellents musiciens, bref les découvertes qui font dire « houa ouh ! ». C’est ce qu’ont pu vivre les amateurs de musique lors du festival Jazzin’Cheverny, dont la 16e édition a eu lieu du 2 au 4 juillet dernier, avec onze concerts et trois bandas.

Du jazz venu de partout

Tout a commencé avec une belle soirée de présentation qui a mis sur scène deux groupes régionaux : les Blésois de Swing 41 et les Tourangeaux de Grand Slam. Le groupe Swing 41 avec Manu Ouali au violon, Rémi Sauvé et Nico aux guitares, et Daniel Monforte à la contrebasse, avait invité le violoniste Laurent Zeller à se joindre au récital, ainsi que la chanteuse Valérie pour les deux dernières chansons. La soirée s’est poursuivie avec la prestation du groupe Grand Slam et ses 14 musiciens, ce qui est rare aujourd’hui, dont une majorité de cuivres, jouant les compositions originales de Ronan Mazé avec groove et fougue. Il faut aussi mentionner la présence du trio de jazz électrique Emile Londonien le vendredi, de l’ensemble Naïram et de son jazz vaporeux et transcendant et du Sarah Kay Trio entièrement féminin le samedi. Il ne faut pas oublier la présence des bandas qui ont joué les « fils rouges » pendant les trois jours, avec l’Atelier de la casserole, Fanfaristan Orkestra et La Banda Jul.

Daoud cl EV

Le trompettiste Daoud – cl EV

Deux soirées explosives au château

Il faut bien évidemment évoquer les deux soirées avec force, son et lumière, et la présence des fans sur la scène du château. Vendredi, la soirée a commencé avec le concert de l’ensemble Fellas, suivi de la prestation très attendue du groupe Deluxe et ses célèbres musiciens à moustache. Les fans étaient venus nombreux pour assister à ce show rempli d’effets pyrotechniques et de musiques rock, techno et électro. Samedi, le trompettiste Daoud a investi la scène avec un mélange instrumental de jazz et d’électro mêlant poésie, jeux de répétition, musiques orientales et influence d’Ibrahim Maalouf. La soirée s’est ensuite poursuivie avec la prestation colorée de Fatoumata Diawara ; accompagnée de sa guitare et d’un ensemble de musiciens, elle a présenté les titres de son album arrangé par Matthieu Chedid, autour de son histoire de petite fille malienne, de son hypersensibilité et de sa « thérapie par la scène ».

Fatoumata Diawara – cl EV

Deux merveilleuses pépites

Mais ce qu’il faut particulièrement souligner, ce sont deux pépites inattendues qui ont réjoui les oreilles des festivaliers. En effet, traditionnellement pendant le festival, après les shows sur la scène du château les vendredi et samedi, un dernier concert clôture chaque soirée. Ainsi vendredi soir, le public a eu un vrai coup de cœur pour Valérie Chane Tef qui a offert un remarquable moment de grâce aux festivaliers restés nombreux ; en effet, cette autrice-compositrice, chanteuse et pianiste réunionnaise transcende la musique en mêlant avec finesse le jazz, les rythmes créoles et les influences sud-américaines pour son projet AKODA, qui fait vibrer par le timbre d’une voix, le son d’un saxophone (avec l’excellente Géraldine Laurent), d’une basse ou de percussions.

Valérie Shane Tef – cl EV


La seconde pépite du festival fut le concert du groupe Myalmé, qui a clôturé cet événement musical : venu de Nantes, il s’agit d’un projet porté depuis plusieurs années par Antoine Tourasse, guitariste, auteur et compositeur. Pour l’occasion, il a su s’entourer de musiciens remarquables et surtout d’une magnifique chanteuse à la voix d’or, blues, jazzy, grave juste ce qu’il faut, chaude, puissante et vraie, qui est une véritable révélation pour le festival. En attendant la future édition 2027 dont la préparation ne devrait pas tarder.


Plus d’infos autrement :

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