Encore un grand cru pour Hop Pop Hop 2026 à Orléans

Le festival de musiques actuelles Hop Pop Hop (11 et 12 septembre) s’annonce encore comme un très bon cru. Quatre lieux, 35 artistes pour découvrir les tendances de demain comme ce fut le cas avec Her, Kiddy Smile, Miki ou encore Irène Drésel. Alors pour gagner du temps et être certain d’avoir des conseils avisés, quoi de mieux que d’aller rencontrer Mathieu Duffaud, programmateur historique du festival ?
 

The Orchestra (For Now) ouvrira le festival Hop Pop Hop 2026 au Campo Santo – (Credit Molly Boniface kit com HPH)


Par Olivier Joriot


Parcours aux petits oignons

Mathieu Duffaud nous accueille dans son QG de l’Astrolabe pour une mission simple : concocter en deux soirées, huit artistes et quatre lieux, le parcours idéal pour découvrir les différentes couleurs des musiques actuelles. Même s’il va falloir tailler dans le vif et ne garder qu’une poignée d’artistes sur les 35 programmés, le grand manitou de la programmation accepte de relever le défi.

Jour 1 – Vendredi 11

Notre parcours musical commencera au Campo Santo, lieu emblématique, le plus grand du festival (jauge de 2 000 à 2 500 personnes), grand cloître historique à pelouse centrale entouré de galeries à arcades du XVe et XVIe siècles. Cette année, économie oblige, une seule scène sera érigée. La déco du site sera orchestrée par Grand Géant et Archi Combi. À noter qu’entre chaque artiste, des DJ assureront l’intermède de changement de plateau.

The Orchestra (For Now) ouvrira notre aventure dès 18 h, un jeune groupe britannique « au rock lyrique, bruitiste dont se dégage quelque chose de beau », précise Mathieu Duffaud.

À l’heure de l’apéro, au théâtre, Horizontal Francis semble être un bon choix pour découvrir l’univers pop, rock et surréaliste de ce combo de Morlaix. Découvert aux Vieilles Charrues, le groupe excelle dans l’art des textes décalés, drôles et des riffs percutants.

Prewn et son folk contemporain investiront la salle de l’Institut vendredi – (kit com HPH)

Une soirée qui monte en puissance

La 3ᵉ étape de notre quête musicale nous mène à la salle de l’institut, espace idéal pour une musique calme ou contemplative assise. « Pas de pont lumières ici, mais des éclairages à ras du sol pour ne pas dénaturer le cadre. Côté son, on s’adapte à l’acoustique merveilleuse du lieu », insiste Mathieu. Prewn se frottera à cette salle de style néoclassique, aux lustres en cristal et aux 11 bustes de compositeurs. Dans un registre folk contemporain qui peut faire penser parfois à Aldous Harding, l’artiste américaine viendra en trio et happera certainement l’attention des festivaliers par son charisme.

Sur les coups de 22h30, direction le Centre chorégraphique national d’Orléans, « une boîte dans la boîte » transformée en club pour accueillir du rock et de l’électro. Kirara (très rare en Europe), Sud-Coréenne défendant la cause LGBT propose une alternative à la K-POP avec « une musique électro boostée à la musique de jeu vidéo, au big beat façon Fat Boy Slim et à la techno », selon Duff’. Un moyen pour l’artiste de se faire mieux connaître des programmateurs français.

Enfin, Body Horror, au théâtre, clôturera notre premier jour hopopien. Groupe singulier pratiquant un rock à géométrie variable, la formation britannique est « un véritable collectif qui brille par une musique protéiforme », assure Mathieu Duffaud. Une musique post-punk dure et électro qui oscille entre beats indus et riffs saignants.

KIRARA, artiste électro qui vient de Corée du Sud, sera l’attraction au CCNO – (kit com HPH) 


Jour 2 – Samedi 12

Dès midi, au Ponton, on pourra débriefer la première journée tout en se sustentant et suivre l’émission Ferarock en direct avec Kirara comme invitée.

La bonne surprise de cette édition, c’est le retour du festival au jardin de l’Évêché. Même si la nouvelle est arrivée trop tardivement pour réorganiser le planning, le lieu sera opérationnel dès 16h. « Pour ces retrouvailles, on a associé une structure locale (360 PROD) dont le principe est d’installer 8 enceintes sur des trépieds qui entourent l’artiste et le public afin d’obtenir un son spatialisé. L’artiste Zero Gravity (ex EZ3kiel) a bâti un spectacle de musiques électroniques autour de ce principe », précise Mathieu.

Cap sur la salle de l’Institut pour y écouter Alma Rechtman à 17h, en mode guitare électrique/voix/chanson pop. « Je me suis fait « avoir » au bon sens du terme par cette belle personnalité qui nourrit ses inter-morceaux d’anecdotes ».

Place au rap au Campo Santo dans la foulée. Juste Shani sera dans la place avec des prod’ dans l’air du temps mais qui peuvent séduire tous les publics. Forte de sa jam réussie avec Orelsan aux Vieilles Charrues, Juste Shani a tout pour réussir. « Elle prend le temps pour se développer. Je suis content de la programmer car elle peut aller plus loin, sans artifice, avec son talent d’écriture et sa prestance », assure notre guide programmateur.

Juste Shani, rappeuse aux textes acérés, au Campo Santo (crédit : Pierre Daschier x Elisa Sino / kit com HPH)

Electro chaâbi et techno made in Orléans

Du rap à Sami Galbi, il n’y a qu’un pas. Retour au théâtre et son utilisation atypique puisqu’on y entre par l’arrière de la scène, là où sont déchargés les décors. Marocain résidant en Suisse, Sami Galbi pratique le chaâbi marocain (genre musical traditionnel et festif ancré dans la culture populaire du Maroc) sur lequel il a rajouté des claviers et de la musique électronique. « Attendez-vous à danser pendant 45 minutes sur de l’électro chaâbi », prévient Mathieu Duffaud.

Orange Pression clôturera la programmation du CCNO (kit com HPH)


On terminera Hop Pop Hop 2026 au CCNO avec Orange Pression. Seul derrière ses synthétiseurs et sans ordinateur, l’Orléanais Nicolas Témiau livrera un set live qui repose sur un kick solide, des basses corrosives et une ligne mélodique entêtante. Mathieu Duffaud est ravi de le programmer. « Il vient de jouer aux îlots électroniques à Tours, au festival Terre du Son. Il est de plus en plus à l’aise avec ses machines et il est prêt à clôturer au CCNO avec son électro techno. »

Alors qui a dit qu’il fallait des gros festivals et des scènes immenses pour s’éclater ? La rengaine « Y a que des artistes que j’connais pas, donc je ne loupe rien » ne tient pas debout. Foncez à Hop Pop Hop, soyez curieux et picorez sans modération pour dire un jour « j’ai vu cet artiste avant qu’il ne soit connu. Je crois que c’était en 2026 à Hop Pop Hop… »


Plus d’infos autrement : 

Orléans : pourquoi Magcentre n’a pas couvert le Grand PianO Festival ?

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