
“La Boite”: tiens, une banane…
Magcentre l’apprend par la presse: Orléanoïde c’est déjà fini. Il faut dire que nous n’avions pas manqué de souligner le bilan particulièrement atone de cette manifestation orléanaise, “marqueur culturel” destiné à faire entrer la ville de la Pucelle dans l’ère de la culture numérique selon le désir du maire d’alors Serge Grouard, bilan publié dans un article prémonitoire intitulé “Orléanoïde, sans tambour ni trompette”, dans lequel nous qualifiions cette manifestation de “ratage manifeste”.
“On ventile le budget…”
Visiblement, Nathalie Kerrien, adjointe en charge de la Culture à Orléans, nous a finalement entendus puisqu’elle déclare: “Il fallait passer à autre chose !”*. Seulement voilà, le budget de cette manifestation avait été intégralement pris sur le Festival Orléans Jazz dont Nathalie Kerrien avait décidé d’en supprimer le fleuron du Campo Santo, après nous avoir promis le contraire… (voir Magcentre). Mais où vont donc alors aller les 220.000 € précédemment alloués à Orléanoïde ? Sans doute pas de “come back” au jazz puisque le budget initial de “Jazz or Jazz”, programmé par la Scène Nationale, s’est vu amputé quelques semaines avant sa présentation à la presse, de 40.000€ sur un montant de 120.000 € initialement prévu. Rappelons au passage que la Scène Nationale a aussi vu son budget réduit par la ville de 80.000 € pour la saison en cours.
Alors où disparait l’argent du budget de la culture à Orléans ? Sans doute pas pour Archilab, la manifestation architecturale au rayonnement international, biennale qui devait avoir lieu en 2015, reportée en 2016, est à nouveau reportée à 2017… Ni pour les marionnettes de la Tortue Magique décapitées par la guillotine budgétaire municipale (voir Magcentre) avec quelques autres associations culturelles…
Nathalie Kerrien parle, dans l’article de notre confrère*, “d’emmener la culture au contact des Orléanais”, formulation étrange d’un souci louable, mais quand cette dernière prend en exemple le (superbe) concert du Quatuor Machaut à la piscine de la Source, on est quand même loin du compte quand on connait le cachet des quatre musiciens, sans sonorisation, et le cout du prêt par la ville d’une piscine fermée pour nettoyage.
En attendant “Les Voix d’Orléans”
Reste ce nouveau Festival, voulu cette fois par le nouveau maire, Olivier Carré, et concocté dans la plus grande discrétion par la ville, puisque à ce jour nous n’en savons pas grand chose, à trois mois d’un évènement dont on ne connait que le titre et la date concomitante avec des Fêtes de Jeanne d’Arc, fêtes que le maire a promis de rénover dans ses vœux pour 2016…
Alors les fêtes de Jeanne d’Arc vont-elles restaurer le rayonnement culturel d’Orléans si cher à Serge Grouard, et quelque peu mis à mal par ces décisions calamiteuses: l’avenir nous le dira surtout quand l’on sait qu’il faut des années pour installer un évènement culturel ?
Gérard Poitou
*La République du Centre du vendredi 29 Janvier 2016
Publié le 31 janvier 2016