Celle que l’un de ses colistiers* traitait, il n’y a pas si longtemps, de girouette vient d’accéder à la deuxième marche du podium municipal. Nathalie Kerrien a été élue comme première adjointe de la nouvelle équipe de Serge Grouard, un maire qui semble sous le charme d’une personnalité à la trajectoire pour le moins sinueuse.

Jean-Pierre Gabelle, Nathalie Kerrien et Florent Montillot.
Avant de s’adonner aux arcanes de la vie politique locale, Nathalie Kerrien débute par un premier engagement au SNJ-CGT alors qu’elle œuvre comme journaliste à la rédaction de France 3 Région. Elle oublie rapidement ses mauvaises fréquentations de gauche pour rejoindre l’UDI d’alors, avec Florent Montillot, et en 2014, faisant figure de candidate « d’ouverture » selon l’expression de l’époque sur la liste municipale de Serge Grouard (LR), elle sera élue pour un premier mandat. Tout sourire, elle occupe alors la responsabilité d’adjointe à la culture avec comme mission impartie par le très filloniste maire de réduire les budgets. Aussitôt dit, aussitôt fait, Nathalie Kerrien, après avoir promis de ne pas y toucher, torpille le poids lourd culturel qu’était le Festival de Jazz d’Orléans et remplace l’ensemble des événements qui s’y rattachent par un festival aux ambitions limitées, intitulé Jazz à l’Évêché qui ne survivra pas au retour de Serge Grouard en 2020.
Le coup de théâtre de Serge Grouard
Parce que souvenez-vous, le 22 juin 2015, Serge Grouard démissionne pour raisons de santé après un an de mandat, et confie les clefs de la mairie à son ami de toujours, Olivier Carré (alors LR) dont Nathalie Kerrien, qui entre-temps s’est rapprochée du mouvement macroniste en vogue, La République en Marche, reste l’adjointe à la culture. Ainsi déroule-t-elle les projets du nouveau maire qui ne manque pas d’initiatives culturelles pour la ville avec notamment les Voix d’Orléans (six épisodes), le Parlement des Écrivaines (deux épisodes), la rénovation des Vinaigreries Dessaux (abandonnée après une coûteuse étude), etc. (voir la liste ci-dessous).

Nathalie Kerrien et Olivier Carré en mars 2017 – Cl GP
En capitaine de sous-marin
Nouveau coup de théâtre en juin 2019 lorsque Nathalie Kerrien (toujours LREM) quitte le navire municipal dans le sillage de Serge Grouard (LR) lors de la révélation des frais de déplacement d’Olivier Carré (converti alors LREM lui aussi), faits pour lesquels l’élu ne sera finalement pas poursuivi… Arrivent alors les municipales de 2020, Nathalie Kerrien, que l’on voit souvent en ville en compagnie de Jean-Pierre Sueur, monte une liste intitulée « Nous, elle, Orléans » rassemblant des personnalités de tous bords, se voulant féministe et indépendante des partis. Et sans vergogne, jurant ses grands dieux qu’elle ne roule pas pour Serge Grouard, elle appelle à voter pour ce dernier au deuxième tour : les dindons, comptez-vous !
La rançon du parjure
Trahison vite récompensée par l’intéressé qui offre à notre arriviste patentée un poste de directrice de cabinet alors que cette dernière vient de perdre son siège de conseillère départementale en tandem avec Jean-Paul Imbault, mauvaise pioche d’un colistier accusé de fraude au titre de Meilleur Ouvrier de France. La nouvelle recrue connaît sans doute alors quelques difficultés puisque six mois plus tard, Nathalie Kerrien décide de se retirer en Bretagne, avant son retour auprès de Serge Grouard, six ans plus tard, cette fois promue première adjointe, sans doute toujours plus expérimentée en matière de « paroles, paroles... »
*Jean-Pierre Gabelle pour ne pas le nommer.
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