François Hollande toujours sur le pont… chez Baudin-Châteauneuf (Loiret).

Interrogé par la presse sur la mise en examen de François Fillon en marge de sa visite à Châteauneuf-sur-Loire, François Hollande s’est refusé à tout commentaire. Il a renvoyé les journalistes à son discours. Consacrée à l’industrie et au “génie français”, l’allocution et la visite du Président de la République étaient centrées sur la formation. A propos du CPF (Compte personnel de formation) il a lancé, allusion à peine voilée à l’ancien Premier ministre François Fillon, candidat de la droite et du centre, mis en examen dans la matinée : “tout le monde doit se former, même les responsables politiques doivent se former. Et l’on pourrait donner quelques exemples de connaissances qu’il faudrait absolument respecter”. 

François Hollande dans l’atelier de restauration des Moucharabieh @ Christelle Gaujard, La République du Centre

Dimanche à Chambord

François Hollande à l’écoute du discours du directeur de Baudin-Châteauneuf.

Pourquoi François Hollande parcourt-il la France avec à chaque étape un volet consacré à son bilan, comme à Tours samedi dernier sur la culture et les métropoles et ce mardi à Châteauneuf-sur-Loire, sur la France industrielle qui gagne et sur la formation ? “Je n’ai fait qu’une visite partielle qui m’oblige à revenir plusieurs fois si le temps m’est donné”, a lancé sibyllin Françoise Hollande dans son discours. Quand ? “bientôt”, a t-il répondu à Mag’Centre à son départ de l’usine Baudin-Châteauneuf, en nous précisant qu’il sera déjà dimanche à Chambord pour le retour des jardins à la française.

Dans ce tour de France d’adieu (ou de campagne qui ne dirait pas son nom ?), François Hollande ne manque pas une occasion de fustiger le programme de Marine Le Pen, aux prises elle avec le fisc, les institutions européennes et la justice française. L’occasion était bonne dans cet immense hangar de l’usine Baudin où il a prononcé sans note un discours de vingt minutes devant plusieurs dizaines de salariés et les responsables de l’entreprise.

Contre le repli prôné par Marine Le Pen

“Si l’on était tenté par le repli, par l’enfermement on se priverait de ce que nous avons à donner au monde. Il ne faut pas avoir peur du monde, il faut au contraire participer à sa conquête”.

La séance de selfies.

Il faut dire que le palmarès de cette entreprise fondée il y a un siècle (en 1919 précisément) a de quoi impressionner: le pont d’Aquitaine, le barrage du Mont-Saint-Michel, le stade Mayol de Toulon, les structures métalliques de l’EPR de Flamanville, le ministère de l’économie à Paris-Bercy, le voile de la Cité musicale, la passerelle cœur d’Orly, le pont des Batignoles, le pont de Gaulle entre les gares de Lyon et d’Austerlitz, bien connu des Orléanais, ou encore le magnifique pont d’Aquitaine à Bordeaux…

“Notre avenir commun ne peut pas être dans l’abandon, dans le repli. Il doit être dans l’ouverture. Ce que vous proposez en France, vous le proposez dans le monde” a dit le Président qui a admis en réponse au président de Baudin, “il est vrai que l’administration doit s’adapter aussi et j’en ai eu la confirmation à Pôle Emploi”. 

C’était à Montargis en début d’après-midi où la visite du Président de la République consistait à mettre en valeur le plan “500.000 formations” pour les demandeurs d’emplois. Un plan accompagné par la région Centre-Val de Loire a t-il rappelé à Châteauneuf. 

Le “génie français”

A propos des ouvrages construits dans le monde entier par Baudin, le Président de la République a encore indiqué, “Ce qui fait la force d’un pays ce sont ses infrastructures, ses ouvrages, ce qu’on appelle avec un peu de prétention le génie français…Si on était tenté par le repli l’enfermement, on se priverait de ce que nous avons à donner au monde. Il ne faut pas avoir peur du monde, il faut au contraire participer à sa conquête”, et évoquant un prochain contrat de Baudin en Côte d’Ivoire, François Hollande a parlé de ces marchés qui s’ouvrent pour l’entreprise castelneuvienne, en Afrique pour la France, “avec ces ouvrages considérables qui vont y être créés, bâtis”. 

“Vous consacrez 3 % de votre masse salariale à la formation, plus que la loi oblige parce que vous avez compris que l’investissement dans la formation était ce qu’il y a de plus efficace de plus rentable au meilleure sens du terme”. Au passage, clin d’œil à sa gauche, François Hollande a salué aussi, “le rôle des partenaires sociaux”, qui ont “parfaitement compris, “le rôle et l’utilité de la formation”.

“En venant ici je ne savais pas que vous étiez responsables de tous les ouvrages, tous les ponts, toutes les piscines, toutes les administrations de France. Quand j’irai à Bercy en leur demandant des financement supplémentaires je saurais vous avez contribuez à la charpente métallique. Quand je regarderai, la tour Eiffel je saurais que c’est vous qui la maintenez dans l’état que nous connaissons”.

Décidément François Hollande se voit toujours sur le pont.

Ch.B

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Un chantier culturel prestigieux, les moucharabieh

 

Dans l’un des ateliers de Baudin Châteauneuf @Christelle Gaujard, la République du Centre.

“Il est des infrastructures qui n”existeraient pas si vous n’étiez pas intervenus, je pense au Moucharabieh à l’Institut du monde Arabe”, a dit François Hollande. L’un des gros chantier de Baudin, outre les structures métalliques de la centrale nucléaire de Flamanville, ce sont les moucharabiehs de l’Institut du Monde Arabe de Paris. Des “volets” qui s’ouvrent et se ferment comme un diaphragme d’appareil photo selon la lumière et qui n’ont jamais vraiment fonctionné. Accompagné de Clotilde Valter, secrétaire d’État chargée de la formation professionnelle, François Hollande s’est attardé sur le chantier de rénovation.

Il était arrivé à 16H25. Accueilli à sa descente de voiture, aux portes de l’entreprise, par Damien Colombot, président du directoire de Baudin-Châteauneuf ; Thierry Crosnier, directeur général et Pierre Masson, membre du directoire. Parmi les autorités locales, Hugues Saury, président du Conseil départemental (LR) ; Jean-Pierre Sueur, sénateur PS du Loiret ; Valérie Corre, députée PS du Loiret ; Isabelle Gaudron et Anne Besnier, vice-présidentes PS du Conseil régional ; Florence Galzin, maire de Châteauneuf-sur-Loire, etc.

Première halte devant un écran où Damien Colombot présente l’activité de Baudin-Châteauneuf. Les chiffres clés (1.300 salariés dans le groupe et plus de 400 dans le Loiret) et les images des chantiers et réalisations de Baudin se succèdent durant cinq minutes. François Hollande : « Ah, la charpente du ministère de l’Économie, c’est vous ? Bercy, ça ne tient que grâce à vous alors » (rires parmi les personnalités).

Le Président de la République découvre ensuite le chantier des moucharabiehs. Quelques dizaines de plaques métalliques de 1,80m x 1,80m, dressées, laissent apparaître le jour par des tas de petites ouvertures qui se referment à la manière des obturateurs d’appareils photos. Une réalisation en forme de dentelle métallique, qui va permettre à Baudin de percer dans les pays d’Arabes notera ensuite le Président dans son discours; Des salariés, hommes et femmes en blouse bleue flanquée du logo « BC » se hasardent vers François Hollande pour l’incontournable selfie.

“Ce chantier est un honneur”

François Hollande se prête au jeu de bonne grâce. Comme surpris par semblable popularité, il se tourne en souriant vers Damien Colombot « Vous avez combien de salariés parce que… »

Nelly, Marie, Veronique, employées embusquées derrière un moucharabieh sont ravies d’avoir engrangé la photo souvenir dans leur téléphone portable. François Hollande se fait expliquer le mécanisme complexe des moucharabiehs par un chef d’équipe pour qui « ce chantier est un honneur ». François Hollande prend congé d’un « bravo ».

François Hollande à l’écoute du discours du directeur de Baudin-Châteauneuf.

Les salariés qui ont bénéficié de la formation et la responsable du service Fabienne Pironnet.

Dans le même atelier, il échange quelques mots avec Marie-Christine, comptable, Sylvain, Yannick, responsable achats, des salariés ayant bénéficié de cours d’anglais dans le cadre du compte personnel de formation (CPF). « Vous avez gagné en qualification, vous allez gagner en rémunération » lance le Président. 

François Hollande s’intéresse aussi au travail de Jérôme Elisabeth, cordiste dont la mission consiste à intervenir sur les chantiers, à très grande hauteur. Ce dernier a bénéficié de 175 heures de formation à Millau.

Le pont d’Aquitaine en 1963

Puis le directeur de Baudin annonce, « nous allons faire un bond en arrière dans l’histoire », en passant dans l’atelier voisin qui abrite une machine dotée d’énormes bobines rouges. Elle date de 1923 et fabrique les câbles selon un principe imaginé à Châteauneuf, en 1875, précise le directeur.

Au côté du chef câbleur, José Armando Rodriguez, François Hollande actionne le klaxon puis lance la machine, dans un vacarme assourdissant. Les bobines se mettent à tourner lentement et tressent un câble de belle section qui apparaît à l’extrémité. Cette même machine « a notamment permis de réaliser les câbles du pont de Tancarville, en 1958, du pont d’Aquitaine, en 1963 », indique M. Colombot. Et tant d’autres ponts en France et à l’étranger.

Le Président avec la famille Colombot.

“C’est la première fois qu’un Président vient ici  à l’usine de Châteauneuf”, confiait avant l’arrivée de François Hollande, l’octogénaire Michel Colombot le petit fils du fondateur de Baudin-Châteauneuf que le Président a longuement salué ainsi que la famille qui l’entourait. Une entreprise centenaire qui exporte le savoir-faire français à travers le monde: un pont entre les  générations que François Hollande a tenu à saluer.

 

 

 

Commentaires

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  1. Et voilà un président câblé ! Maintenant, on aurait préféré un président capable. Capable de ne pas laisser détruire nos industries, de rapporter des devises au lieu de l’effondrement du commerce extérieur, d’augmenter le niveau de vie au lieu de laisser s’installer la pauvreté, capable d’éviter la fuite de nos élites, remplacés par des personnes venant de l’étranger, notamment dans les hôpitaux, capable de donner vie à la culture, autrement qu’en écrivant son nom au fronton de certaines maisons, capable de changer le cours des choses à l’éducation nationale et dans les universités, capable de modifier le rôle des syndicats. Bref, un président normal ou une chancellière normale.

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