La Biennale d’architecture du Frac “marche dans le rêve d’un autre”

Elle est “en marche” aussi, la première Biennale d’architecture du Frac d’Orléans (Fond régional d’art contemporain), qui a été inaugurée jeudi 12 octobre. “Marcher dans le rêve d’un autre”, c’est le thème retenu par Abdelkader Damani (directeur artistique du Frac) et Luca Galofaro, tous deux commissaires des expositions.

53 architectes et artistes invités. Deux résidences (Mengzhi Zheng au CHD Georges Daumezon et Saba Innab au Transpalette). Quatre lieux d’exposition en région Centre-Val de Loire (Les Tanneries à Amilly ; le Transpalette à Bourges ; la Galerie La Box – Ensa à Bourges ; le Centre hospitalier départemental Georges-Daumezon à Fleury-les-Aubrais). Un invité d’honneur : Patrick Bouchain. un hommage à Guy Rottier. Six symposiums. Et huit lieux d’exposition à Orléans : Les Turbulences au Frac ; la Médiathèque ; La Borne ; la Rue Jeanne-d’Arc ; le parvis de la cathédrale Sainte-Croix ; la Collégiale Saint-Pierre-le-Puellier ; les Vinaigreries Dessaux ; le Théâtre. Quelques images de cette Biennale, en place jusqu’au 1er avril 2018.

 C’est ce qui en fait le charme suranné : on trouve de tout dans un vernissage d’un niveau planétaire  comme celui de la biennale d’architecture jeudi soir au Frac.

L’architecte italien Ettore Sottsass et Geoffroy de Camproger,

Des artistes locaux à la pelle, verre de crémant en main, des “Parisiens” qui parcourent les salles d’exposition avec l’air et la tenue blasée, des élus locaux, des pique-assiettes collés au buffet, des élus  régionaux cravatés qui font semblant (ou non) de s’extasier devant des “installations” parfois absconses.

Et puis papillonnant d’un groupe d’amis à l’autre avec les yeux écarquillés comme un gosse, décalé, tout étonné d’un succès inattendu, il y a le “charpentier”, Geoffroy de Camproger.

“Lorsque Abdelkader Damani, le directeur du Frac, a décidé qu’il faudrait exporter la biennale dans toute la ville et qu’il a proposé la construction d’un cabinet de curiosités devant la médiathèque, je lui ai dit de s’inscrire”, explique l’ancien sérigraphiste Michel Dubois, le galeriste du Garage à Orléans. le “challenge” consistait à construire la “petite folie” du célèbre architecte italien d’Ettore Sottsass. Vainqueur du concours, Geoffroy de Camproger a dès lors “planché” durant deux mois sur cette structure en bois avec sa charpente et son dôme particulièrement soignés. “Je ne suis que l’exécutant”, dit-il modeste, “c’est surtout la conception qui m’a demandé beaucoup de travail“, poursuit  Geoffroy de Camproger.

Le cabinet de curiosité.

Installé devant la médiathèque et ses “volets futuristes” qui comme l’a rappelé Jean-Pierre Sueur alors maire d’Orléans n’a pas fait de suite unanimité à l’époque, ce cabinet de curiosités que ce charpentier, petit patron de Tekvia, spécialisé dans la construction de maison en bois a concocté de ses mains, sera transporté et installé définitivement en janvier au parc floral d’Orléans la Source.
Jeudi les invités à l’inauguration officielle au Frac, après le cortège de discours, ont fait en rang serré et en grande toilette, un détour par le “cabinet”. En fin de journée ce vendredi, il était prévu que la ministre de la Culture fasse un saut elle aussi dans le cabinet décoré d’œuvres de l’architecte italien.
Serait-ce un vœux pieux ou une “arlésienne” que cette visite de l’ancienne patronne d’Acte-sud ? Réponse en fin de visite ministérielle, mais inutile de dire que la question n’a pas laissé de bois notre charpentier talentueux.

À coup sûr, la visite de la nouvelle ministre, Françoise Nyssens, devait se dérouler sous de meilleures auspices que celle d’Aurélie Filipetti en son temps, à l’inauguration du FRAC en 2013 plombée alors par des turbulences avec le maire d’Orléans d’alors, Serge Grouard sur la rue des Carmes. Depuis l’architecture du consensus est en marche.

Ch.B.

 

 

Commentaires

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  1. Je m’étonne que vous n’ayez pas fait un petit billet acide pour les orléano-orléanais sur la passe d’armes à fleuret démoucheté entre Jean Pierre Sueur et Olivier Carré sur les qualités de l’architecture contemporaine, l’un se flattant d’avoir été le maître d’ouvrage envers et contre l’Abf de l’extension du théâtre, l’autre se plaignant d’avoir à en supporter la charge d’entretien à cause des erreurs de conception de l’architecte.
    Et sur l’ineffable JPS s’immisçant sans vergogne dans les discours pour faire, devant un parterre d’invités, étrangers en grande partie, son propre panégyrique. Le maire et l’architecte.
    À part ça Patrick Bouchain est un type bien, et un architecte humaniste qui nous parle simplement de son métier, de manière sensible et humble. Bien à vous.

  2. Seul bémol, à propos des volets “futuristes” de la Médiathèque, c’est que, au-delà de leur esthétique (que j’ai toujours plutôt appréciée), leur nettoyage est chaque fois un véritable casse-tête très coûteux à résoudre.
    C’est l’éternel problème de la difficulté – voire de l’incapacité – des concepteurs à prendre en compte les réalités pratiques de leurs créations ; demandez donc à la municipalité de Valencia ce qu’elle pense de l’entretien des superbes réalisations de Calatrava !

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