Orléans: tes Conservatoires ont des talents

Hasard du calendrier, ce week-end de janvier pluvieux offrait l’occasion d’assister à trois spectacles proposés par les Conservatoires de Théâtre et de Musique d’Orléans.

Au pire y’a rien

Un Marathon théâtral au Conservatoire d’Art Dramatique

C’est d’abord le CDN qui présentait dans la salle Vitez du théâtre d’Orléans son “comité de lecture”, opération qui, comme chaque année, consiste à choisir deux textes parmi une centaine de créations nouvelles reçues par le centre, deux propositions théâtrales originales qui sont alors mises en espace en une semaine par les élèves du Conservatoire d’Art Dramatique, aidés par des élèves de l’ESAD (Ecole Supérieure d’Art et de Design) avec le soutien des techniciens du théâtre.
Et comme chaque année, ce marathon théâtral donne lieu à deux créations bâties sur l’énergie débordante des jeunes comédiens et comédiennes qui montrent là leur talent et leur enthousiasme pour leur futur métier, puisqu’il s’agit d’élèves en section CEPIT (cinquième année de cursus professionnalisant) .

Vendredi soir donc, les élèves présentaient “Kinder”, un texte écrit par Pauline Picot, qui inscrit le destin de trois femmes esseulées dans leur relation avec leur fils ou leurs copains, dans des scènes tour à tour à drôles ou cyniques, créant un univers sensible illustrant la fragilité d’un monde affectif contemporain dans lequel la jeunesse des protagonistes trouvait toute sa dimension.
Et puis autre ambiance ce samedi soir, avec “Au pire y’a rien”, farce drolatique de Pierre-Yves Lebert, qui se moque de Jésus, du Père Noël ou de la Mort, dans un esprit provocateur qui nous rappelle que l’esprit “Charlie” n’est lui pas mort, et que la dérision et le burlesque restent à la source d’un spectacle théâtral iconoclaste. Et si ce joyeux délire eut quelques ratés, la salle en a bien ri !

Ces lectures théâtralisées offrent ainsi le double avantage de faire découvrir au public des textes à l’écriture très contemporaine dans des mises en scène, certes simplifiée, mais portées par des jeunes artistes en pleine recherche de leur style de jeu.

Retour au XVIIIe siècle à l’Institut

Initialement prévu au Musée des Beaux Arts à l’occasion de la réouverture de la salle du 1° étage, le concert en hommage au compositeur Joseph Bodin de Boismortier intitulé “Ballets de village” eut finalement lieu dans la salle de l’Institut. Ce concert qui permit au public de découvrir ce compositeur français du XVIIIe très prolixe mais quelque peu oublié, était la concrétisation d’une collaboration entre les ateliers de musique ancienne de la Rêveuse et les classes de chant et de flute à bec du Conservatoire de Musique.
Lumineuse collaboration qui permit de restituer la diversité de cette création musicale qui mélange des instruments comme la viole de gambe et la flute à bec avec le chant, dans des compositions aux inspirations populaires ou champêtres qui donnent à la musique de ce début de siècle une étonnante tournure apaisée.

Une découverte musicale pour beaucoup, servie avec enthousiasme par deux master-classes de chant du Conservatoire qui donnèrent là toute la mesure de leur talent: la promesse d’un projet d’opéra baroque à venir ne peut que nous séduire !

GP

Florence Bolton et les élèves du Conservatoire et de la Rêveuse

 

 

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